2Z8 HISTOIRE DE L'E M P I R E
Sp.ct IX. ^ Aix- la Chapelle, où il recevoir des mains de l’Archevêque de Colognelié. ' d’AI- la couronne Impériale. La détention de Jean Hus parut oíFenser Sigismond,lemaene, oui se hâta d’envoyer h Constance ordre de rendre la liberté au prisonnier:i 4 ?c-ino . ma j S on n'eut pas plus d’égard à cet ordre, qu’on n’en avoit eu au sauf-con-" * duit, & Jean Hus n’en sut que plus étroitement resserré (i).
Cependant Sigismond que le Pape Jean XXIII ne cessoit de prefler de hâterson voyage, se rendit h Constance, ainsi que Barbe de Cillei son épouse,accompagné de l’Electeur de Saxe, du Burgrave de Nuremberg & d’unebrillante suite de Princes & de Seigneurs. Les affaires dont le concile devoirs’occuper fixerent toute l’attendon de l’Empereur, qui, dans une congré-gation générale qu’il avoit fait convoquer, rendit compte de fa négociationauprès des deux Antipapes, & engagea les Pères du concile à recevoir lesLégats & les Ambassadeurs que l’un & l’autre avoient promis d’envoyer. Si-gismond lui - même avoit une entrevue h Nice en Provence avec le Roi d’Ar-ragon & ensuite dans le même mois de Juin, il devoir avoir une conférenceà Viíietranche avec Bénoit XIII. Après avoir délibéré avec quelques Cardi-naux, fur les moyens qu’il y avoit à employer, soit pour la continuation duconcile, soit pour la subsistance & la plus grande commodité de la grande af-fluence d’étrangers que le désir de voir cette asièmblée avoit attirés à Constan-ce au nombre de plus de cent mille, les Commissaires prierent l’Empereurde leur Lister la plus entiere liberté de régler les affaires de l’Eglise ; & pourque sa présence ne gênât point leurs délibérations, il promit de ne pas s’ytrouver. Pour l’honneur de Sigismond on voudroit croire qu’il ne se doutoicpoint que le but de la prière des Cardinaux étoit de poursuivre à toute ri-gueur le procès déjà commencé contre Jean Hus, & de rendre inutile lesauf-conduit qu’il avoit obtenu: mais il n’est pas possible de se dissimulerqu’en cette occasion, l’Empereur, par la plus inexcusable des foiblesses, aban-donna lâchement Jean Hus, quin’étoit venu à Constance que fur la certitudeIyj-ijlì:? <k que le sauf-conduit lui donnoit qu’on n’y attenteroit à sa liberté ni à fa vie:enîersTan Sigismond ne rou £ !t point de se déshonorer en cette circonstance, d’abandon-Jíusl * ner I e malheureux qu’il avoit juré de protéger, & de se laisièr persuader quel’Eglise ordonnoi: aux Monarques de manquer de foi aux hérétiques: il por-ta son inique pusillanimité jufqu’à se laisièr persuader qu’en pareille matière,il n’avoit pas été fondé à donner de sauf-conduit à Jean Hus, attendu quedans toutes les choses qui concernent la foi, les conciles sont au-dessus desEmpereurs, qui ne peuvent rien faire que de concert avec l’Eglise ( 2 ). Lanoblesse de Bohême pensoit d’une maniéré toute différente, & elle avoit rai-son; elle écrivit les lettres les plus preslàntes, & envoya faire les remontran-ces les plus vives à Sigismond, mais par le plus absurde des scrupules, il nevoulut se donner aucune sorte de mouvement en faveur de Jean Hus, qui dechez les Dominicains qui le retenoient en prison, fut conduit chez les Cor-deliers, où il fut encore plus étroitement renfermé.
Tandis que par le plus atroce attentat, tandis que contre le droit des gens,le fanatisme se disposoit à faire périr Jean Hus dans les tourmens, les envoyésde Bénoit XIII arrìvoient à Constance, où ils surent reçus avec la plus haute
(1) Van der Hardc. Tom. 4. Pag, 23 .212. (r) Idem ibiJ. Naucler. Pag. 104^.