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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. IX. 259

distinction, malgré les réclamations de Jean XXIII, qui soutenoic que Bénoit ^ayant été canoniquement déposé, ni lui, ni íès agents ne dévoient pas être lem.ngne,écoutés. Jean ne le fut point lui même, & peu de jours après il fut encore 14^0-1440.plus mortifié des honneurs qu’on rendit aux Légats de Grégoire XII, haute-ment protégés par Louis Electeur Palatin, gendre de l’Empereur Robert,

& qui déclara que pourvu que Jean XXIII ne présidât point au concile, ilgarantistoit que Grégoire fe rendroit lui-même h Constance, & qu’il accep-terait tous les moyens qu’on lui proposerait de rendre la paix h l'Eglise. Les AfoytnsLégats & Louis donnèrent par écrit cette déclaration qu’ils signèrent, assu- prendrés d’obtenir de Grégoire fa démission volontaire du suprême Pontificat: les 'd'obuni^uCardinaux assemblés en congrégation ne s’occupoient que des moyens de s’as- démission desfurer également de la cession des deux autres chefs de l'Eglise, & pour cet trois Papes.effet, l’Empereur fe préparait à passer en Espagne, où il espérait de dé ter- I)I5 ’miner ou d’obliger Bénoit à prendre le même parti: en sorte qu’il ne restoitplus qu’à décider Jean XXIII à fe démettre aussi; or, Jean ne paroissoit rienmoins que disposé à cette démarche, & il étoit d’autant plus dangereux dela lui proposer, que l’on craignoit avec raison que dès la moindre ouverturequ’on lui en ferait, il ne rompit le concile, où, contre son opinion, il sutstatué qu’on recevrait les Laïques ainsi que les Docteurs, quoiqu’ils ne fus-sent point ecclésiastiques, de même que les députés des Rois, des Républi-ques & des Universités, enfin que dans les Sessions publiques, on opineraitpar nations, & non par personnes; ces nations étoienc l’italienne, la Fran-çoise , l’Allemande & l’Angloise.

Jean XXIII fort allarmé de ces dispositions, le fut bien d’avantage, lors-qu’íl apprit qu’il fe répandoit dans Constance un mémoire qui avoit été pré-senté aux Peres du concile,' & dans lequel on avoit rassemblé contre fesmœurs & fa conduite impie, scandaleuse, les plus graves accusations. Ce mé- On proposemoire en effet, avoit fait de fortes impressions, & la vie de Jean étoit assez àconnue pour qu’on ne doutât point que la plupart de ces accusations ne fus-sent très - fondées ; cependant comme on pensoit alors que l’hérésie prouvée ji p t J m tétoit la feule cause pour laquelle on pouvoit déposer un Souverain Pontife, í$ refuseon crut ne pas devoir faire des informations fur les crimes atroces imputés e'î/à.dans ce mémoire à Balthazar Colla, qui ne sachant point encore quel partil’on prendrait au sujet de ces dénonciations, étoit dans la plus violente situa-tion, lorsque les députés des quatre nations allerent lui proposer très-respec-tueusement, mais d’une maniéré fort preílànte, la cession du Souverain Pon-tificat (1). Jean XXIII, qui avoit craint avec raison de ne pas en être quittepour une démission, ne fit d’abord nulle difficulté de consentir à ce qu’on luidemandoit ; mais bientôt réfiéchiíîànt fur la perte qu’il alloit faire, il envoyaforcément, & pour satisfaire à la promesse qu’il avoit donnée, une formuled’abdication, conçue en termes si vagues, avec tant d’ambiguïté, st R m plied’ailleurs de tant de conditions, qu’elle fut généralement rejetée, & Jeantrès-vivement prié d’en donner une plus claire & plus positive. II y fit quel-ques changemens; mais la nouvelle formule.qu’il envoya présenter, parais-sant moins acceptable encore que la premiere, fut unanimement refusée.

(1) DeNiem. VanderHardt. T. 2. P. 391, & 7 em, 4. P, 42. DugIoíIìiE/î.Fí>b!..L. u.