D’ALLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. IX. a43
Ambassadeurs des diverses Puissimces de la chrétienté, que ce n’étoit ni par //;/?crainte, ni par défiance de l’Empereur ou des Princes Allemands, niais íèu Icm^ne,'leuent par la nécessité de rétablir fa santé qu’il avoit cru devoir s’éloigncr '400-1,540.de Constance, & qu’il défiroit fi sincèrement l’union & la paix de l'Eglise, "qu’il étoit prêt d’accompagner l’Empereur Sigismond à Nice pour y travail-ler h ce grand ouvrage.
On connoiíToit trop les véritables intentions de Jean, pour que l'on daignâtfaire quelque attention h ses promesses, & pour toute réponse, rassembléeprésidée par les Cardinaux de Florence & de Cambrai continuant íes Ses-sions, le Cardinal de Florence dit que la retraite du Pape n'avoir, ni ne pou-voir avoir apporté aucune forte de changement au concile, qui fubsistoit mal-gré l’éloignement du chef dans toutes íes forces & toute son intégrité. Qu’àl'avenir aucun de ceux qui y affilieraient, ne seroit libre de se retirer, lanscn avoir donné des causes légitimes, qu’il seroit tenu de communiquer auxcommissures, & que si ceux-ci lui accordoient la permission de s’éloigner,avant que de sortir de Constance, il laíílèroir sa procuration à un ou à plu-sieurs des membres de l’assemblée (1). Dans la Session suivante on lut pu-bliquement plusieurs décréts, & un entr’autres par lequel il étoit statué quetout concile canoniquement aílèmblé représentoit esientielJement l’Eglise &recevoir de Dieu une plénitude de puiflànce, à laquelle le Pape lui-mêmeétoit obligé d’obéir. L’assemblée après la lecture de ce decret, pria l’Em-pereur d’engager par toutes sortes de moyens le Pape à revenir; Sigismondpromit de faire auprès de Jean qui étoit alors à Laufiembourg, tout ce quidépendoit de lui, & dit qu’il avoit déjà envoyé à la tête d’un corps de trou-pes, le Burgrave de Nuremberg contre le Duc d’Autriche : en essct, dès lelendemain Sigismond fit afficher un Edit par lequel Frideric étoit mis au bande l’Empire, ses sujets & vassaux dégagés du serment de fidélité & les villesde Suabe & de Suiílè invitées à lui faire la guerre comme à l’ennemi déclaréde l’Eglife, de l’Empire & de la Paix publique (2).
A peine cet édit fut répandu qu’une foule de seigneurs prirent les armescontre le Duc d’Autriche: ils étoient soutenus par une armée de 40000 hom-mes, que Sigismond avoit fait rastèmbler, & qui partagée en 4 corps, en-vahit la plupart des places que le Duc possédoit en Suabe. Schafhouse mê-me fe soumit à l’Empereur, qui, moyennant une somme assez considérable,l’écigea en ville Impériale; la plupart des villes Suiílès pressées par les instan-ces de Sigismond & du concile, prirent aussi les armes contre Frideric, &firent fur lui des conquêtes qu’elles retinrent à perpétuité: tels furent le paysd’Argow, Bade, Meliingen, plusieurs terres, plusieurs châteaux & quel-qu’autres places, que la maison d’Autriche perdit irrévocablement. Fridericqui jusqu’alors avoit fondé ses espérances fur rattachement de beaucoup deseigneurs qui lui avoient montré le zele le plus inébranlable, éprouva qu’ilne faut jamais compter dans la disgrâce, fur les amis que l’on s’est fait dansla prospérité. Ceux même qu’il avoit le plus généreusement comblés de bien-faits , eurent non seulement la lâcheté de l’abandonner, mais ils furent asièz
(1) Marten. Anecàot. Tarn. 2. Sponde ai ann. 1415. No. 8. (2) Gérard deRoo. Hist.
jïvst. Guilliraan dt Reb. Helvtticis. Van der Hardt Tain. 4.
H h 2
Ftiáencmisau Ban del'Empire estdépouillepar ses enne-mis de tou-tes les ter-res , fiefs ,tilles {•?châteauxcu'il posté-doitenSuisttt'j’enSuabt .