D’A L L E M A G N E. Lit. XXV. Sect. IX. 247
trop impie pour s’occuper de dogme ou de doctrine; il ne fongeoit qu’à ses ^plailirs, qu’à s’cnrichir par la'vence des bénéfices & point du tout à avancer Iemagne,des opinions hérétiques. Cependant, quoiqu’il réfusat d’obéir aux citations, 1400-1440.Jean XXIII tut contraint de suivre le Burgrave de Nuremberg jusqu’à Ratol- —
îiel, à environ deux lieues de Confiance, & le concile lui envoya aussitôttrois évêques, qui, fous prétexte de 1s consoler dans là disgrâce, avoientordre de veiller fur toutes ses démarches & de ne pas le perdre de vue. Ce- Humilia.pendant le procès prêt à être jugé, les Commissaires en firent devant le con- timdejetmcile assemblé un fidelle rapport, & il ne refioit plus qu’à prononcer la sen-tence définitive, lorsque cinq Cardinaux furent nommés pour aller à Ratoi-fcel notifier à Jean touc ce qui s’étoit passé depuis que Ton avoit commencéles informations, & pour lui déclarer qu’il seroic incessamment jugé. Ces dé-putés trouvèrent Jean dans des dispositions auxquelles ils ne s’attendoient pas ;il se soumit à tout, & écrivit même au concile, qu’il écoit prêt à ratifier lasentence que l’on porteroit contre lui, quelque défavorable qu’elle lui fût ;qu’il conjurait seulement les PP. assemblés de vouloir bien avoir quelqueégard pour fa personne & son état, fi toutefois, ils le pouvoienr, fans com-promettre les intérêts de l’Eglife. Si Balthazar Cossa penfoit par cette sou-mission toucher ses juges, il lè trompoit beaucoup, & l’événemenc détruisitses espérances; le 29 de Mai 1415, dans la douzième Session, le concile as-semblé déclara par sentence définitive Jean XXIII déchu du Pontificat. Onprit des mesures pour procéder à une nouvelle élection, & les trois préten-dans au S. Siégé furent également exclus de toute prétention. Balthazar, Sentence dequi vraisemblablement espérait toujours que du moins il ferait en partie dé- Mptjitiondedommagé de l’irréparable perte qu’il faifoit, reçut avec autant de soumission xxuique d’humilité la nouvelle de sa déposition. Devant les Commissures mêmesqui allerent la lui notifier, il fit ôter de la chambre qu’il habitoit la croixPontificale, promit de renoncer à la suprême dignité qu’il reconnut avoir lìmal exercée, donna ordre à ses officiers de ne plus lui donner le titre de S.
Pere, & envoya de toutes parts pour que l’on effaçât des prières publiquesle nom qu’il avoit pris lors de son élévation à la chaire de S. Pierre (i).
Par 1 'indécence de sa conduite, la perversité de ses mœurs & son irréligionJean XXIII avoit sans doute mérité d’être déposé; îa sentence prononcée con-tre lui fut généralement approuvée, & il eut été à délirer que Sigismond &le concile de Constance après avoir rendu la paix à l’Eglise & travaillé aussiutilement qu’ils l’avoient fait à J’extinction du schisme, eussent dissous ras-semblée; alors elle ne se fut point souillée par un acte de fanatisme égale-ment contraire au droit des gens & aux loix de l’humanité. Depuis long-tems Jean Hus qui n’étoit venu à Constance que fous la protection du chef J ean H™de l’Empire, & muni d’un sauf-conduit qui assurait fa vie & fa liberté: Jean ^àHus chargé de fers languissoit renfermé en prison dans le couvent des Cor durement 'deliers. L’affaire de Jean XXIII terminée, les PP. du concile & Sigismond traité parlui-même ne songèrent plus qu’à juger cet infortuné, ou plutôt ils nes’oc- Sigismond,cuperent plus que des moyens de donner le plus grand éclat à l’aslàssinat pu- '
(1) Sponde ad em. 1415. Pag. 745. Niem. apui Van der Hardt. T. 2. P. 427. Van derHardt. Trm. 4. P. 300.