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Sïct. IX. blic de la victime qu’ils avoicnt attirée h Confiance. Jean I lus fut conduitHiíl '. d’Al- en criminel devant le concile présidé par Sigismond, qui l’exhortant à íèlemagne, soumettre, & à s’avouer coupable d’hérésie, lui déclara qu’il allumerait lui-1400 1440 . ^ême le bûcher auquel il alioit être condamné, pour peu qu’il témoignât de" l’opiniatreté (1). Jean Mus trop fortement persuadé de l’orthodoxìe de tou-
tes les opinions qu’il avoit avancées dans fes écrits & dans ses fermons, pro-testa avec autant de'modestie que de fermeté, qu’il étoic venu au conciledans la sincere résolution de fe rétracter austitôt qu’on lui montrerait quelquechose de plus vrai que ce qu’il avoit enseigné. Les PP. du concile jetè-rent fur lui des regards de colore, & le sirent conduire dans fa prison; le len-demain on le fit comparaître encore, & on lui lut 26 propositions extraites,lui dit-on, de son livre fur rEglise , & qu’on qualifia d’hérésies atroces: onpressa très - vivement Jean I lus d’avouer qu’ii les avoit réellement écrites, &on lui ordonna de les rétracter, je fuis prêt, répondit-il, à recevoir de voustoutes les instructions que vous croirez devoir me donner; mais au nom deDieu, notre pere commun, n’éxigez pas de moi que j'agisse contre ma con-science. Quand on abjure, l’on renonce k une erreur que l’on a soutenue;& des articles que vous venez de lire, il y en a plusieurs qui me font fausse-ment imputés, & auxquels je n’ai jamais longé. Quand aux autres, je con-viens que ce sont mes opinions, comme je proteste d’y renoncer, lì quel-qu’un peut me convaincre que ce sont des erreurs, & s’il m'enseigne quel-. que chose de meilleur. L’Empereur & les Cardinaux le menacèrent, il n’en
fut que plus inébranlable, on le ramena dans son cachot, & Sigismond sonprotecteur, ou du moins qui l’avoit si cruellement trompé par le íaaf-conduitqu’il lui avoit donné, dit qu’il n’y avoit point à balancer, & que s’il per-lìstoit encore dans son abstinadon il falloit renvoyer au supplice; que com-me on ne remédiait h de tels maux qu’en coupant la racine & les branches,non-feulement il impartait de faire brûler Jean IIus, mais d’ufer de la mê-me sévérité envers Jérôme de Prague son disciple.
Pendant que Sigismond concluoit avec tant d'atrocité à la mort de JeanIIus, il reçut une lettre du Duc de Bourgogne, qui le prioic d’impoíér silen-ce à Louis de Bavière & à Frideric, Duc d’Autriche, qui l’accufoient de s’ê-tre ligué avec le Dauphin de France & le Comte de Savoye pour faire assas-siner le chef de l’Empire à son pastàge par le Duché de Bourgogne., dansFausses al- son voyage à Nice. L’Empereur fort étonné de ce complot, & qui en effet
larmes que avo j c re ç U av j s du Duc d’Autriche qu’il ferait inévitablement tué en Bour-
l £Auukhe S°S ne ’ 3stà à Nice, demanda en pleine assemblée des éclaireissemensdonne à S:- à Louis de Bavière fur cette prétendue conspiration; Louis lui répondit que
gismond. tout ce qu’il favoit & qu’il avoit dit à ce sujet, il le tenoit du Duc d’Autri-
che: celui-ci ne nia point d’en avoir parlé, & pressé par Sigismond, il ditque c’étoit le Pape Jean XXIII qui avoit fait ce complot avec le Duc deBourgogne, le Comte de Savoye, & lui même Duc d’Autriche, qui s’étoitjoint à ces trois conspirateurs. Quelques informations que l’on fit fur cetteaffaire, on ne découvrit rien, & le Duc de Savoye eut tout aussi peu depeine k fe justifier qu’en avoit eu Louis de Bavière; enlbrte que l’on ne
douta
(i) Idem T. 4. P. 314. Ilìjl. concil. Constant. L. 3.