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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. IX. 249

douta point que le Duc d’Autriche n'eut inventé cette calomnieuse accusà-sation dans la vue d’intimider l'Empereur, de l'empêcher d’aller à Nice con-sommer la grande affaire de l’extinction du schisme, & de fatiguer les Car-dinaux & les Prélats, qui, ennuyés du séjour de Constance se sépareroientavant d’avoîr mis la derniere main à l'union, ce qui annulleroit la dépositionde Jean XXIII. (1).

On ne connoit pas trop quel grand intérêt Frideric pou volt prendre à Bal-thazar Coílà, pour s’exposer par une aussi périlleuse intrigue au ressentimentde l’Empereur, qui avoit déjà tant de raisons de se plaindre de lui. Quoi-qu’il en soit, Sigismond après avoir été passer quelques jours à Uberlingenrevint à Constance, où l’on n’attendoit que lui pour terminer l’affaire deJean Mus, ou plutôt pour donner le spectacle inhumain de la mort de cemalheureux. On le fit comparoître pour la derniere fois devant l’aífèmblée : onlui ordonna d’abjurer des erreurs qu’il protesta n’avoir jamais avancées : il futdéclaré hérétique, dégradé, dépouillé des habits sacerdotaux, remis entreles mains de l’Empereur, qui le livra à l’Electeur Palatin, & celui-ci au Ma-gistrat de Constance, lequel enfin le fit attacher à un potau & brûler vif à lagrande satisfaction des PP. du concile : fes cendres furent ramassées & jetéesdans le Rhin (2).

Eclairé par l’exemple de Jean XXIII, & moins obstiné que lui, Grégoire XII avoit fait fa rénonciation au suprême Pontificat, & il avoit chargéMalatesta, Seigneur de Rimini & le Cardinal de Raguse d’aller présenter cetacte au concile assemblé à Constance : les Prélats & les Cardinaux surent sicontents de cette démarche, que , pour en témoigner leur satisfaction àGrégoire, ils le nommèrent Légat perpétuel à Lateré de la Marche d’Ancone.

II ne restoic plus à soumettre que Benoit XIII, & Sigismond, après avoirfait reconnoître l’Electeur Palatin pour défenseur du concile, sb mit en routesuivi de 4000 chevaux : il se rendit à Narfionne où le Roi d’Arragon vintle joindre fort peu de jours après: ils allerent ensemble à Perpignan, d’oùl’Empereur envoya inviter Bénoit XIII à venir les trouver, mais Bénoit re-fusant de se rendre à l’invitation, envoya proposer les conditions les plus dé-raisonnables : il vouloir commencer par convoquer un concile qui le confir-meroit dans fa dignité; ensuite il promet toi t de renoncer au Pontificat, pour-vu qu’avec la qualité de Légat à Lateré perpétuel, on lui accordât d’exercerl’autorité suprême, tant au temporel qu’au spirituel; enfin il vouloir jouir detoutes les prérogatives de la Papauté, & ne renoncer qu’au titre, à moinsqu’il ne fût élu pour la seconde fois. Ces propositions absurdes furent reje-tées, & Bénoit ne put se dispenser de se rendre à Perpignan, où bien loinde vouloir se prêter en aucune maniéré à un accommodement, il déclara qu’ilétoit & qu’il mourroît Pape. Sigismond indigné le menaça de le contrain-dre par la force à abdiquer fa dignité, & il sortit brusquement de Perpignan.Bénoit, croyant se mettre à l’abri de tout ce qu’on pourroit tenter contre sadignité, alla se renfermer dans le Fort de Panifcole, résolu de s’y défendre

(1) Op. Gerson. Tom. 3. (2) Van der flardt T. 4. Oper. Hus T. 1. in fol.

londl. Confiant. L. 3.

2 ]ms XL. Ii

Hist. «!’Al-lemagne,1400-1440.

Supplie «atroce deJean Hus.

Démissionvolontairede Grègo’reXII L 5 Jarécompense.

Obstìnat'mide BénoitXIII.