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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. IX. 259

camper sur une montagne, qui prit le nom de Thabor , harangua si fréquem-ment ses troupes, les laissa vivre avec tant de licence, & leur inspira un telfanatisme, que ne doutant plus qu’elles ne fuílènt entierement dévouées à sesvolontés, il leur proposa de se donner pour Roi un Huílìte zélé, qui se sutsignalé par son attachement h la doctrine de Jean Mus, & capable par fa va-leur autant que par son habileté de contraindre Wencesias à renoncer au trône,& d’attirer à son parti le reste des Bohémiens. Les troupes ébranlées par cediscours, & flattées d’aiileurs du droit que leur donnoit leur Général de faire unRoi, paroiílòient disposées à procéder à cette élection, lorsqu’un Prêtre Hus-site nommé Coranda, se leva, condamna hautement le proposition de Nico-las, opina pour la liberté Républicaine, montra qu’en se donnant un sou-verain, ils se sorgeroient une chaîne qui tôt ou tard les accableroit, parlaavec tant de véhémence, que les troupes applaudissant à son avis rejeterencd’une voix unanime la proposition de Nicolas de Huísinetz (1).

Nous avons dit plus haut que Jean Mus avoit eu le Rectorat de l’Univer-sité de Prague, & qu’íl n’étoit resté dans ce corps académique que des Pro-soílêurs attachés à la doctrine de ce Recteur : auííì les Huísites obtinrent aisé-ment un décret de cette Université en saveur de leurs opinions: ce décretn eut pas plutôt été rendu public, qu’une foule de Bohémiens qui jusqu’alorsn'a voient osé se déclarer embrassèrent hautement la nouvelle doctrine, & nes’entretenoient que des moyens violens qu’il salloit employer pour venger lamort de Jean ílns & celle de Jérôme de Prague, victimes de la mauvaisefoi, l’un du chef de l’Empire & sautre du concile. Allarmés de ces proposmenaçans, les seigneurs de Bohême, qui fe trouvoient à Prague, s’aííèm-blercnt, & après avoir délibéré sor ce qu’íl convenoit de faire pour le biende i’Eglise & du Royaume, ils nommèrent plusieurs d’entr’eux pour allerprier Wencesias de fe rendre au plutôt dans la capitale, afin de prendre deconcert avec ses plus fidelles sujets les mesures les plus convenables. Wen-cc-flas qui n’avoit fait encore aucune attention au malheureux état de ses pro-vinces dévastées par les Huísites, aux fureurs & aux excès d’une partie desBohémiens soulevés ni aux risques qu’il couroit lui - même, pourfuivoit lecours de ses débauches dans le chateau de Tocksnick situé fur la cime d’unemontagne dans le département de Podwerder. Enyvré de vin, de plaisir ouplutôt de crapule, au milieu dé ses concubines, il ne songeoic guere aux af-faires , Iorsqu’appercevant de loin ces seigneurs députés qui venoient droit auchateau, la terreur s’empara de lui, 5 c croyant que c’étoit une troupe en-voyée par les Magistrats de Prague qui avoient résolu de le faire enfermerpour la troisième fois, il donna ordre qu’on redoublât fa garde, les attenditcn srémilïànt, & sut si satisfait quand il sot que ce n’étoient que les députésdes seigneurs de Bohême, qu’il consentit à les entendre: mais quoique remisde fa terreur, il eut toutes les peines du monde à fe laisser persuader de ré-pondre à l’invitation des seigneurs, & ce ne fut en quelque sorte que forcé-ment qu’il s’éloigna de Tocksnick & retourna à Prague avec les députés (2).

Informés du retour du Roi dans fa capitale plusieurs seigneurs Huísites dé-terminés par Nicolas de Huíïïnetz, ailerent conjurer Wencesias de vouloir

(1) Dubravius îlìst. Bthm. Ealb. MJs. Wratiflas P. 3, 9.

Ivk 2

Hist. d’AI-

lemagne,

1400-1440,

Troubles enBokíme &fureurs desílujfues.

I A-he con^duite deIVínceJlas,

(2) Idem ibidem.