Sect. IX.H-il. d’AI-leimgne,1400-1440.
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Ils font for-tement sou-tenus parZiskit,
260 HISTOIRE DE L’E M P I R E
bien leur accorder avec la liberté de culte quelques églises où ils puíîèncprier à leur maniéré, communier fous les deux especes, & établir des pas-teurs pour instruire le peuple. Le Roi craignant également de leur refuser,& de les satisfaire, promit de rendre réponse dans quelques jours, & s’ap-prochant de Huffinetz, mon ami , lui dit-il, vous filez une corde pour vousfaire pendre tôt ou tard. Quoique dévoré d’ambition, Nicolas de Huffinetzfe déconcertoit h l’avis que lui donnoit Wenceslas, à soupçonnant que ceMonarque avoit pénétré ses projets, il pâlit, répondit en bégayant, sortit dupalais, prit la fuite, se sauva précipitamment dans le Canton de Bechin,raflèmbla tous les Huffites qui voulurent se joindre h lui, reprit courage &se mit à leur tête. Cependant les seigneurs attachés à la doctrine de JeanHus, fatigués de solliciter en suppliants, prirent les armes, coururent au pa-lais & demanderent avec une allarmante fermeté, qu’on leur accordât deséglises. Wenceslas fut très - effrayé ; deux de ses conseillers fe laissant moinsintimider, allerent au devant des Huffites, & leur dirent que ce jour là mê-me le Roi leur auroit accordé tout cc qu’ils demandoient & au delà, maisqu'irrité de les voir armés il avoit tout à coup changé de résolution, ne pen-sant pas qu’il convint à son rang d’accorder à des sujets rebelles une grâcequ’ìls oioient demander les armes à ìa main. Au relie, ajoutèrent ils, lemoyen le plus sùr que vous ayez d’obtenir tout ce que vous voudrez est d’ap-porter vos armes au palais, & de les déposer aux pieds du Roi (1). LesHuffites évidemment coupables, & connoissant lextrême sévérité de Wen-ceslas, ou plutôt son insatiable cruauté; étoient dans le plus grand embarras& craignoient également, soit qu’ils obéissent, soit qu’ils résiliassent d’obéir,mais Ziska fut bientôt les déterminer, avez-vous donc perdu la tête, leurdit il, quelle terreur panique vous saisit, & de qui vous allannez- vous? jeconnois beaucoup mieux que vous ll r enceflas (2) ; il neft rien moins que mé-chant', au contraire, il ejì des occasions oh U efi très-bon: il fera Ji contentde vous voir bien armés, qu à coup fur il vous laijfera vos armes', suivezmoi; il me connoit, ce fera moi qui vous présenterai à lui. Ziska s’étoit faitun nom célébré parmi les plus intrépides guerriers. Les Huffites le choisirentpour leur chef; ils marchèrent sous fa conduite au palais; & en abordantWenceslas; Sire, dit-il, vous voyez une troupe de sujets fdeles , qui, con-formément à vos ordres , ont pris les armes' & font prêts à défendre votremajejlé contre ses ennemis aussitôt qu ils nous feront connus. La contenancefiere de l’orateur, & le grand nombre des seigneurs Huffites firent la plusforte impression fur le Roi, qui en effet, leur lit l’accueil le plus honnête,& les renvoya avec leurs armes. Dès ce jour là Ziska fut reconnu chef suprê-me & Général des Huffites & dès ce jour là auffi il s’occupa tout entier desmoyens d’exécuter les grandes entreprises qu’il méditoit depuis long-tems (z).
Cependant Sigismond informé des troubles de Bohême, & de la vengean-ce éclatante que les séditieux vouloienc tirer de la mort de Jean Hus, écrivitaux seigneurs les plus distingués du parti des Huffites, & après leur avoir
(1) Balbin. Dubrav. Hijl. Bohm. (2) Ziska devoit d’autnnt plus connoîtrc Wen-celìas qu’il avoit été long-tems fou chambellan. Le vrai nom de Ziska étoit Jean deTrocznou : il avoit perdu un œil dans ur.e bataille, ôt depuis, il fut nommé Zisk-i, quien langue Bohémiene lìgnide Bv-^ns, (3) Theob, BUÌ. liujfit. Balbin, Ep. Rer.Bnhsm .