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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. IX. «5r

représenté les irréparables maux que cauferoit à leur patrie, environnée depuissans ennemis, une rébellion toujours puniflàble, mais beaucoup plus en-core dans les circonstances où l’on se trouvoit alors; il ajoutoit que du moinson n’avoit aucune forte de reproche à lui faire concernant la mort de JeanIIus, équitablement condamné comme hérétique par des juges très-éclairés.L’Empereur eut mieux fait de ne pas parler du supplice de Jean H us: carpouvoit - il ignorer que l'on feroit toujours fondé à lui reprocher d’avoir lais-sé condamner & exécuter un homme, qui ne s’étoit rendu à Constance quefur les assurances d’un sauf-conduit qui lui garamissoit la vie, & la plus en-tiere liberté dans son voyage & retour en Bohême? n’étoit-on pas autoriséh lui reprocher éternellement d’avoir manqué de parole à Jean IIus; d’avoirviolé atrocement le droit des gens? n’avoit-il pas reconnu lui-même dumoins tacitement cette irréparable faute, lorsque honteilx d’avoir st cruelle-ment trompé Jean Hus, il avoir refusé de tromper Jérôme de Prague & delui envoyer aussi un sauf-conduit ? Pourquoi donc rappelles aux seigneursIíufsites, son infidélité au sauf-conduit accordé à Jean Hus? infidélité quin’étoit très-assurément pas le plus bel endroit de fa vie (i).

Tandis que Sigismond s’excufoit fort mal-adroitement auprès des seigneursde Bohême, il foussroit à Constance des a étés de supériorité que jamais iln’eut dû souffrir. En effet, le Pape Martin V, dans une congrégation qu’ilavoit fait astèmbler, y fit reconnoître Roi des Romains Sigismond, qui dansl’Europe entiere, même par Wencestas son frere, étoit reconnu Empereur.A la fuite de cette plus qu’inutile cérémonie, Martin V célébra pontificale-ment la messe, & à la fin du sacrifice, Sigismond se prosternant très-hum-blement aux génoux du Pape, celui-ci le proclamant Roi des Romains,déclara qu'en vertu de son autorité apostolique il suppléait à tous les défautsqui auroient pu vicier son èleBion. Que Martin V ait tenu ce langage vrai-ment injurieux, il n’y a là rien de bien surprenant; ses prédéceíleurs, com-me lui, serviteurs des serviteurs de Dieu, étoient auílì dans Tissage de s’ar-roger fur le chef de l’Empire une supériorité qu’ils n’avoient pas: mais queì’Empereur ait entendu fans émotion une déclaration semblable, que les Elec-teurs qui affistoient à cette m este pontificale, ne fe soient point élevés contrecette offensante déclaration, qu’ils n’ayent pas dit au Pape qu’il attentoit àleurs prérogatives, & qu’il n’y avoit que le coilege Electoral qui put sup-pléer aux défauts d’une élection ; c’est ce qui doit surprendre. Quant à Si-gismond il étoit trop occupé de la très - inutile cérémonie du couronnement,pour entendre rien de ce qui fe passoit ou fe difoit autour de lui. II fit plus,& lorfqu’il eut reçu la couronne ; pénétré de reconnoistànce, il fit lire unacte par lequel il promettoit au S. Siégé la plus inviolable fidélité: on aime-roit bien mieux qu’il eut fait lire un acte par lequel approuvant, comme ilen avoit le droit, le choix que les Cardinaux avoient fait d’Othon Colonne,il eut suppléé par son autorité impériale à tous les défauts qu’on auroit puconnoître dans son élection. Du moins il y eut eu alors quelqu’apparenced’égalité entre les deux chefs: mais le souverain Pontife s’arrogea toute laprééminence & l’Empereur eut la foiblefle de la lui céder (2).

(1) Cochl. Hijì, Hujsit, L. 4. Theob. Bell. Húffit. (2) IJiJl, du concile de ConjlcTUte, Tom. 2.

Iltfl. ci’Al-lemagne,

1 too-1440.

Lettre mal-adroite deSigismondaujc nuisî-tes.

Singulier tdéclarationde Martinl r , (f com-plaisanceencore p’ussingulier ede Sigis-momi.