Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
262
JPEG-Download
 

4 6 ì HISTOIRE DE L’E M P I R E

Sacr. IX.lits. d'Al-lemagne ,

Airoite Po-litique deM-tnin V

b ConJliíU •tis.-j qu'ilpu'hìe peurU réforma-im.

Toutefois, Martin V qui montrait tant de zele pour les intérêts temporelsdu S. Siégé; ne paroissoit rien moins qu’occupédu soin de réformer l’Eglifedans son chef & dans ses membres. Quand on lui en parloit, ou il tâchaitde détourner la proposition, ou, quand il lé voyoit trop vivement sollicité,il demandait, sous mille diíférens prétextes, des délais, qui à la fin impa-tientèrent si fort les députés des quatre nations, qu’ils lui déclarèrent que laréformation ayant été le but principal du concile leur intention étoit que l’ons’en occupât sérieusement, & que toute autre affaire fut remise après la déci-sion de celle-là. Les sollicitations devinrent si pressantes, que Martin V nepouvant plus éluder, changea tout h coup de conduite, & témoignant lui-même le désir le plus ardent pour cette réforme, il publia quelques constitu-tions qui lui eussent fait fans doute le plus grand honneur, s’il eut réellementagi de bonne foi. Par l’une de ces constitutions: il révoqua toutes les dispen-ses & exemtions accordées depuis le Pape Grégoire XI : il proscrivit mêmetrès-généreusement l’abus qui s’étoit introduit, d'appliquer au profit de la.chambre apostolique, c'est à-dire au souverain Pontife, les revenus des égli-ses vaccantes. II déclara nulles toutes dispenses accordées à de simples Clercspour posséder des bénéfices, qui éxigeoient que les possesseurs fussent revê-tus des ordres sacrés. 11 voulut que les anciennes ordonnances fur la décime

& fur la modestie des habits des ecclésiastiques sussent remises en vigueur;il statua qu’à l’avenir les revenus des bénéfices vaccans feroient mis en réser-ve pour être délivrés aux successeurs à ces bénéfices, dans le cas où ils neferoient pas chargés de dettes; où dans le cas contraire, qu’ils feroient em-ployés à les acquitter. Enfin, il se réserva à lui seul le droit d’imposer desdécimes, &. dans les occasions urgentes, celui d’accorder des indulgences;abus donc la supreífion eut du commencer le grand ouvrage de la réforma-tior. (i).

Cette derniere constitution de Martin V, paroissoit annoncer en lui tant dezele & tant de bonne-foi, que les Allemands persuadés qu’il désiroic sincère-ment qu’il ne restât plus ni abus à réformer, ni opinion équivoque & qui putdans la fuite donner lieu à de nouvelles contestations, demanderent que l’ofirégit par une loi expresse, qu’un concile avoic de droit la puissance de dé-poser un Pape, non seulement à cause d’hérésie, mais auslî pour simonie &poir tout autre crime, qui par fa nature ou fa notoriété, scandalisent l’Egli-propojkitn le. II est vrai que c’écoit à cette supériorité de puiflànce du concile quetmbanas- Martin V dévoie le suprême Pontificat; mais il étoit encore plus vrai que,

Aí'ttin Revenu chef de l’Eglife, & par cela même se croyant fort au dessus des con-pot- «t m c j] {S ^ ne p £n p a p as devoir renoncer à la prééminence qu’il prétendoit l’éle-ver fort au dessus de l’Eglise assemblée: auflì, pour ne blesser ni ceux quil’atoieat élu, ni les Allemands, ni déroger à ses prérogatives, assura-t-il quece point n’avoit rien de relatif h la réformation & décida-t-il qu’il n’y avoirnule nécessité à rien statuer de nouveau fur cet objet ( 2 ).

Aux démarches, aux soins te k l’activité de Martin V, on ne doutoic pointque ce Pontife ne désirât la réformation, & déjà l’on regardoit cette ímpor-

(i) P or sop. A et. 6. Gobelia. Hist. iu concile dé Confiance, (r) Id. Hijl. d'Alìmagntpar e P. Barre. Tmn. 7. Paj;. 215.