Sf.ct. ÏX.Hiìt. d'Al-lemagne,1400-1440.
Mariage dejfacqueíineavec le Ducde BrabantCi fdel'Er.í-que fit Liè-ge ave* unenie.ee del'Empereur.
Méconten-tement del’Empereurcontre lePape.
264 HISTOIRE DE L’EMPIRE
plus cruelles hostilités, les Hameçons, commandés par Brédexode & les Ca-billaud fous les ordres de Guillaume d’Arkel, en vinrent à une action déci-sive, aux environs de Gorcum: la bataille fut longue & meurtrière; la vic-toire , après avoir flotté incertaine entre les deux partis, fe déclara pour lesHameçons, qui à la vérité, perdirent Walcran de Bréderode leur Général:mais les Cabillaux, outre Guillaume d’Arkel qui resta parmi les morts, lais-sèrent auflì un nombre infini des leurs fur le champ de bataille (1).
Cette action n’avoit fait qu’affoiblir les deux partis, qui n’avoient rien per-du de leur animosité mutuelle, & qui continuèrent de s’entredétruire avecplus de fureur. Jean de Bourgogne , oncle de Jacqueline crut que le moyenle plus fur de servir fa niece, & de renverser les projets de t’Evêque de Lia-ge, feroit de la marier avec un Prince puisant, & il choisit le Duc de Bra-bant, jeune seigneur, cousin germain, & de plus filleul de Jacqueline. Cesobstacles ne l’arrêterent point, il fit proposer cette union aux Etats de Hol-lande & de Hainaut qui l’approuverent : il envoya demander à Martin V desdispenses pour permettre h Jacqueline d’époufer son cousin Germain & sonfilleul, & Martin accorda tout. Jean de Bavière Evêque depuis 28 ans, futsi piqué contre le Duc de Bourgogne, que, pour fe mettre en état de pour-suivre fes prétentions & la guerre qu’il avoit commencée, il imagina de femarier auflì, quoiqu’il fut íòudiacre. Dans cette vue s’adreflìnt à l’Empe-reur, il le pria de le déclarer légitime possesseur de la Hollande & du Hii-naut, comme fucceflèur de droit de Guillaume, Duc de Frise; il lui deman-da auflì en mariage Elisabeth, Duchesse de Luxembourg, veuve d’Antoine,Duc de Brabant, & au Pape, auquel il remettoit son Evêché, la dispensede fe marier, quoique soudiacre, & celle d'épouser la Duchesse, quoiqu’ileut tenu fur les fonds de baptême une de fes filles. Sigismond accueillit lespropositions de Jean de Bavière, & n’y ayant nulles difficultés de la part dusouverain Pontife, reconnut Jean, Duc de Frise, Comte de Hainaut, de Hol-lande & de Zálande. Le Pape, afin de fe rendre encore plus agréable auchef de l’Empire, promit d’annuller la dispense qu’il avoit accordée à Jacque-line, quûlqu’au fond elle ne fut pas plus révocable que celle qu’il accordoitk Jean de Bavière; & en effet, il eut foin de la révoquer fort peu de joursaprès: mais il n’étoit plus tems, & Jacqueline étoit déjà mariée avec le Ducde Brabant. L’Empereur qui regardoit le projet de ce mariage comme entie-rement renversé, fut très-offensé d’apprendre que cette union étoit consom-mée, &, que pour comble de chagrin, Martin venoit de confirmer la dispensequ’il avoit accordée & révoquée ensuite (2). II fe plaignit amèrement ausouverain Pontife, qu’il accusa d’être de connivence avec Jacqueline : il luireprocha d’avoir violé les canons en permettant un mariage entre deux cou-sins germains, & lui dit très-vivement que c'étoit manquer fort scandaleuse-ment au rang qu’il occupoit que d’autorifer des unions auflì condamnables &d’inviter par de semblables dispenses les Chrétiens à vivre dans la discorde &2 se fouiller de péchés. Martin eut pu répondre à l’Empereur qu’il n’y avoit
pas
(D Chronic. Flmd. Monflrelet. 7 o.fi. r. app. Suffridi ad ann. 1416. Bzovitis ad ami,£418. (2) Vindeck. c. 14. Rimer, aft, Publ. T. 9.