Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
266
JPEG-Download
 

266 HISTOIRE DE L’EMPIRE

^ IX l eur lìà: cette marche traversa la ville de Constance, & h la porte, Mar-à’Al- tin changea de cheval, & substituant h ses vêtemens pontificaux, un habitlemagns, rouge, alla à Gottleben toujours accompagné de Sigismond & des Princes,14:53-1410. gr s >y embarqua fur le Rhin, pour se rendre h Schafhouse (i)-

De retour à Constance, l’Empercur n’en partit que le dernier jour du mê-me mois de Mai; il prit la route de Strasbourg, visita quelques villes im-périales d’Alsace, & tandis qu’on croyoit qu’il voleroit avec une partie deses troupes au secours de la Bohême, il alla se reposer de ses pieuses fatiguesen Hongrie, où fa présence étoit beaucoup moins nécessaire. En effet, ja-mais la Bohême n’avoit été auffi cruellement agitée qu’elle l’étoit alors. Lefier Ziska portoit la mort & la terreur de province en province, & les nulli-tés fous ses ordres paroissoient invincibles. Personne ne songeoit à arrêterce torrent destructeur, & le lâche Wenceslas, effrayé des succès des fanati-ques , avoit couru se renfermer dans le fort de Wiserahd. Ziska informé dela fuite de ce méprisable Monarque, se rendit dans la capitale, & suivi d’u-ne innombrable foule de factieux, il fondit sur les églises, pilla les monastè-res , & marcha vers l’hôtel de ville où il savoir que la foule étoit assemblée.De tous les sénateurs, il n’y en eut que onze qui échappèrent à la férocitéde cet essaim de fanatiques; les autres tomberent entre les mains des H assî-tes, qui les précipitant par les fenêtres, fe faisoient un jeu de les livrer à sepopulace qui recevoir les sénateurs fur la pointe des piques ou des lances. AFureurs des * a nouvelle de cet affreux massacre, Wenceslas craignant pour lui-même pa-lluffi.’es rut très - consterné ; ses courtisans pénétrés de terreur gardoient un morne fi-

dens Ft a- lence, lorsque le grand Echanson s’écria qu’il y avoit long- tems qu’il pré r* ue * voyoit toutes ces horreurs. Le Monarque regardant cette réflexion commeun reproche, & soupçonnant ce seigneur d’inteìligence avec les Huílìtes,s’élança fur lui, le terrassa & lui eut plongé un poignard dans le sein, st unefoule de seigneurs témoins de cette icene, n’eufsenc arrêté son bras. Wen-ceslas par son excès de colère, fut saisi d’une attaque d’apoplexie, & restaperclus de tout son corps, il ne survécut que dix huit jours h cet accident,& mourut âgé de 58 ans, dans 1 a 41 e ' année de son régné sur la Bohême,& 22 ans après avoir été élevé à l’Empire: il ne laiíîa point d’enfans de ses,h deux femmes, Jeanne, fille d’Albert de Bavière, Comte de Hollande, & So-'a bs. phie, fille d’Ecienne, Duc de Bavière: la Bohême & l’Allemagne eussent étéH ! r* heureuses, st ce mauvais Prince fut mort 40 ans plutôt. La perversité de sesmœurs égaloit fa férocité, & Wenceslas étoit lc plus atroce des tyrans (2).

Le trône de Bohême resta vaccant pendant quelque tems ; car Sigismondavoit cédé vingt sept ans auparavant en 1388, ses droits fur ce Royaume àJean de Gorlitz sen frère, qui étoit mort & n’avoit laissé qu’une fille nom-mée Elisabeth, mariée avec Jean de Bavière: celui-ci eut tenté de faire va-loir ses droits à la couronne de Bohême; mais il avoit reçu tant de bienfaitsde Sigismond, & d’aiîleurs il étoit si peu en état de lutter contre un tel com-pétiteur , qu’il n’osa soutenir ses prétentions par la force des armes. Sigis-mond retenu en Hongrie par les plus importantes affaires, laissa la régence

(t) Hijìoite <ìu Ccncile de Ccnstance. Reìchent. L. a. (2) Balbiu Misctllan. L. 4.ûubiav. Hist. de tíohem , P. <527. Cothl, liist. îlujjn. L. 4.