D’A L L E M A G N E. Lív. XXV. Sect. IX. -67
de Bohême à la Rc-ine Sophie, veuve de Wencefias. Sophie se renfermadans le château de Wisrhade, d’où elle fit de fréquentes sorties fur les Hus-fites: mais ceux-ci commandés par Ziska, triomphèrent des Bohèmes, tail-lèrent en pieces leur cavalerie, oc Sophie eut les plus grandes difficultés àéchapper au massacre, & à gagner, feule avec son Général, le château deWisrhade. Au bruit de la victoire de Ziska, une foule de paysans & degentilshommes vint fe ranger fous ses drapeaux; en forte que se voyant à latête d’une armée considérable, il ne mit plus de bornes h fa fureur & à laviolence de fes hostilités. Tous les prêtres, tous les religieux qui tomboientdans fes mains, périssoient dans les supplices; il piiloit 2 c détruifoit les égli-ses, les monastères, & les historiens de ce tems comptent jufqu’à 550 ab-bayes & couvents détruits de fond en comble par les Huffites ( 1 ).
Le seul qui eut pu s’oppofer à ce torrent destructeur eut été Sigismond,qui y étoit d’autant plus intéressé, qu’il étoit reconnu Roi de Bohême: maisil ne pouvoit alors s’éloigner de fes Etats de Hongrie menacés par Maho-met I qui faifoit à Andrinople les plus grands préparatifs, 2c dont les trou-pes étoient prêtes h pénétrer en Hongrie: Sigismond, par fa vigilance 2c ionactivité déconcerta les projets des Turcs, qui tournèrent leurs armes contreles Grecs. L’Empereur n’ayant plus rien à craindre pour la Hongrie s’oc-cupa sérieusement des moyens de pacifier la Bohême, où le redoutable Zis-ka avoit fait des progrès étonnans; implacable dans fes fureurs, il avoit ré-duit en cendres Sedlitz, Crepomuck 2c Rabi; la réduction de cette derniereplace ajoûta d’autant plus à la fierté de Ziska, qu’il y perdit le feu! œil quilui restât. Cet accident le rendit plus atroce dans fes vengeances ; à la têtedes Huffites, íl alla former le siégé du château de Wisrhade, dont il fe futrendu maître, si la place n’eut été promptement secourue par les troupesque Sigismond y envoya; de maniéré que les Huffites repoussés jusques dansla ville de Prague dont ils s’étoient emparés, 2c ne pouvant espérer d’empor-ter Wisrhade d’assaut, furent contraints de faire une trêve de 4 mois, auxconditions qu’iîs jouiraient de toute liberté de conscience, qu’ils restitueraientle fort de Saxenhaufen, 2c que pendant les 4 mois que durerait la trêve, iìsne commettraient aucune violence contre les monastères, ni les religieux ( 2 ).
Le calme commençoit h renaître, lorfqu’une lettre de Sigismond vint re-nouvelles toutes les horreurs auxquelles la trêve fembloit avoir mis fin; ilécrivit aux habitans de Prague qu’il viendrait incessamment chez eux, 2c queson dessein étoit de rétablir dans toutes fes parties le Gouvernement de Char-les IV son pere. Cette lettre produisit un très-mauvais effet; car on n’avoitpas oublié les ordonnances féveres portées par Charles IV contre les héréti-ques, ni son extrême déférence pour la cour de Rome. Les Huffites persua-dés que Sigismond vouloir user contre eux de la plus grande rigueur, fe sou-levèrent , se réunirent, 2 c rompirent la trêve ; ils en vinrent aux plus violen-tes hostilités: supérieurs en nombre aux Catholiques, ils porterent la ter-reur, la désolation 2 c la mort par tout où ils fe répandirent, & les soldatsde l’impitoyable Ziska étoient d’autant plus empressés à remplir les ordres de
(1) Cochl. îiiíl. Huíîìt. Tom. 1. L. 6. Aventin. Am. Boyer. L. 7. (2) Dubrav.
de U oh, L. 24. Air.eas Sylv. cap. 29.
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Succès £•?conque. e iìcZiska.1420,