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L-magne ,1400-1440.
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t 74 HISTOIRE DE L’E M P I R E
secourus par l’Empereur. Informé de cette capitulation, & appuyé par unenouvelle armée qu’il venoit de recevoir de Moravie, l’Empereur entreprit dedélivrer le château de Wisrhade; il marcha contre les assiégeans, fut si com-plcttement battu, qu’il perdit dans cette malheureuse action presque toute sonannée, & trois cens seigneurs qui resterent parmi les morts fur le champ debataille. Pendant qu’une partie des Huífites fe íìgnaloit par ce triomphe, lesImpériaux, fideles à la capitulation rendoient Wisrhade, dont Ziska prit pos-session , & pour premier acte d’autorité fit démolir les églises & les fortifica-tions.
Maîtres de Wisrhade, de Prague & de la plus grande partie de la Bohê-me, les Huífites songèrent à fe donner un Roi; mais ils fe divisèrent fur lechoix: les Huífites de Prague vouloient qu’on offrît la couronne au Roi dePologne; mais les Huífites de Thabor ou les Thaborites, vouloient que leSouverain qu’on éliroit fût choisi dans la nation, & cet avis étoit vivementappuyé par Nicolas de Huffmetz, qui, toujours rempli de son projet deRoyauté, fit tout ce qui dépendoit de lui pour faire approuver cette opi-nion; mais malgré fes instances & celles des Thaborites, elle ne prévalutpas ; il fe retira fort piqué près de Ziska ; & Jagellon réunissant tous les suf-frages, les Huífites lui envoyerent des députés chargés de lui offrir la cou-ronne : Jagellon avant que de fe décider convoqua une diete à Lublin ; on ydélibéra fur les propositions des Bohémiens, & le résultat de l’aílèmblée futqu’il ne convenoit pas au Roi de Pologne de ravir,, même du consentementdes Bohémiens, le sceptre dont Sigismond étoit légitime poíîèffeur par droithéréditaire. Du reste, on offrit aux Huífites d’engager leur Souverain à leurpardonner leur révolte (1). La médiation du Roi de Pologne fut rejetéepar les Bohémiens, qui, aíïèmblés en diete à Czaslaw, après avoir protestéque jamais ils ne recevroient Sigismond pour leur souverain, attendu qu’ils’étoit rendu indigne de ce titre par les ravages affreux qu’il avoir commisdans le Royaume, envoyerent offrir la couronne à Sigismond Coribut,.procheparent du grand Duc de Lithuanie. L’Empereur informé de la résolution prisepar la diete de Czaslaw, y envoya des députés qui, après bien des difficul-tés, furent enfin écoutés, & remirent aux Bohémiens leurs lettres de créan-ce, par lesquelles Sigismond faisant valoir fes droits au sceptre de Bohême,,déclaroit que, si l’on vouloir le reconnoître pour Souverain, il accorderoità cous une amnistie générale, mais que si 011 persistoit à vouloir l’excluredu trône, il avoit résolu d’employer jufqu’à la derniere goutte de son sang.plutôt que de souffrir une pareille injure (a).
A cette lettre les Huífites firent une réponse bien peu propre à satisfaireSigismond, & dans laquelle rappellant tous les maux qu’ils l’accufoient d’a-voir faits à la Bohême, ils lui difoient fans détour & avec amertume : „ vousavez permis au grand déshonneur de notre patrie, contre le droit des gens,contre votre parole, qu’on brûlât Jean Hus & Jérôme de Prague: Jean Husfur - tout qui n’étoit allé à Constance pour y défendre fes opinions religieu-ses, que fur les assurances que lui donnoit votre sauf-conduit: non feulement
(f Dlugloílì flifl. Polan. L. n. P. 428, 434- £? /<???. (2) Theob. llijì. llvff. DIu-
gLoffi tíist. Fokn. L. lu