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276 HISTOIRE DE L’E M P I R E
de douceur, ou du moins si on lui eut permis quelques usages, quelquespoints de doctrine assez indifférens ; le Pape Martin V crut qu’il étoit possibleencore de réprimer les fanatiques irrités de la mort de leur chef, & dans cet-te vue, il si t prêcher en Allemagne une croisade contre ceux qu’il nommc’tles hérétiques de Bohême. E'Archevêque de Trêves, Othon, enflammé d’unpieux zele, prie la croix; & rassemblant une armée nombreuse, composéede Soldats ramassés en Alsace, en Suabe, en Bavière, presque tous gensfans discipline, & que l’espérance du pillage entraìnoit h cette expédition, ilse mit à leur tête, pénétra par la haute Saxe dans la Misnie, & marcha versla Bohême. ZL-ka, suivi d’une poignée de Huflìtes, alla à la rencontre decette foule de croisés, fondit fur eux, & dès le premier choc, enfonça leursbataillons épais, les mit en désordre, & leur inspira une telle épouvante, quejetant tous les armes, ils prirent honteusement la fuite (1).
Cette victoire fit dès lors regarder Ziska & les Iluflites comme des hèresinvincibles, & Sigismond te voyant fur le point de perdre irrévocablement laBohême & la Moravie, écrivit au Roi de Pologne une lettre dans laquellepeignant la malheureuse situation de la Bohême, & avouant en partie le tortqu’il avoir eu, il l’exhortoit comme son allié, à lui envoyer au plutôt depuiflàns secours, & à mettre par ce moyen la Pologne à Pabri des incursionsdes Huflìtes. Le Roi de Pologne lui répondit qu’il étoit bien disposé à lesecourir de toute sa puissance, mais qu’avant il jugeoit convenable de tâcher defaire accepter fa médiation par les Bohémiens. L’Empereur charmé des bon-nes dispositions de Jagellon lui offrit fa fille en mariage, où, s’il l’aimoitmieux, la veuve de Wenceslas, avec la Silésie pour dot & 100,000 Flo-rins (r). Dans le tems que les deux Monarques s’occupoient des moyens deréaliser ce projet, il survint entre eux quelques dissérens qui les firent renon-cer l’un & l’autre à l’exécution de cette affaire. Le grand Duc de Lithuanieprofitant de cette mésintelligence envoya des Ambassadeurs en Bohême pourtâcher de faire donner la couronne à son parent, Sigismond Coribuc; mais ildemandoit cn même tems des secours, supposé, que l’Empereur ou d’autresennemis vinflent l'attaquer; lesHussites accueillirent favorablement les Ambas-sadeurs, mais ils répondirent que dans les circonstances où ils fe trouvoient,ils ne pouvoient absolument, fans s’affoiblir, envoyer au loin des troupesdont ils a voient eux-mêmes le plus preflant besoin (3).
Cependant l’Empereur déterminé à taire les plus grands efforts pour Rassu-rer la poíîèísion du trône de Bohême ; envoya une armée considérable furlos frontières de ce Royaume. Zhki n’en suc pas plutôt informé, qu’aprèsavoir jeté une nombreuse garnison dans Prague, & fait fortifier les placespour lesquelles il craignoit le plus, alla camper fur la montagne de Taur-gang, & de là observa les mouvemens des impériaux : ceux - ci s’emparerc-ntde Cuctemberg, & allerent attaquer les Huflices: mais Ziska n’ayant avec luiqu’un petit corps d’armée & craignant d’être investi ; s’ouvrit par fa valeur &Ion activité un passage à travers les impériaux, & alla ù Collin attendre plustranquillement les ennemis, que la rigueur de la saison obligea de fe retirer
(r'' Theoh; M ìst. Buis. Naucler. gener. 46. M[f Trevir. Rrouwer. rmnnl. Trevir. T. 1.fa) Dhictoíïì Bist, Folon. Crocier. cle nb. Folon. L, i<j. ' (z) Theob. B:ll. IluJJ.l' ag.104, 105. d? Aï-