D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. IX. 2-7
en Silésie. Sigismond toujours impatient de mettre fin aux troubles qui dé-vastoient la Bohême, ne tarda point à revenir fur ses pas, & après avoir ra-vagé les environs de Cuttcmberg, il alla former le fiege de Deutfchbrod ouBroda: mais Zieka qui avoit fait une levée considérable de troupes, marchacontre les impériaux, les rencontra, donna le signal du combat, &IesIIus-fites animés par leur chef, attaquèrent si vivement les troupes impériales,que celles-ci ne pouvant soutenir cette impétuosité, fe débandèrent, laissè-rent cinq mille morts fur le champ de bataille, prirent ia fuite, entraînèrentl’Empereur avec elles; furent vivement poursuivies & en partie massacrées parle vainqueur; & tandis que le brave Zh ka paisiblement assis fur un tas de dra-peaux enlevés à l'ennemi, s’occupoit à faire des chevaliers, Sigismond ef-frayé couroit fe renfermer dans son Royaume de Hongrie (1).
Peu de jours après cette mémorable journée, Coribut, escorté de 5000chevaux arriva en Bohême & fit son entrée à Prague; il comptoit que lesBohémiens lui offriraient unanimément la couronne; il fe trompoit; la Bo-hême étoit divisée en trois factions, qui pensoient chacune très-différem-ment: celle des Catholiques, & c’étoit la plus foible, ne vouloit reconnoî-tre pour souverain que l'Empereur ; les Huslìtes en général vouloient unRoi, ou Cpribut, ou quelqu’autre Prince, pourvu que ce ne fut point Si-gismond; la 30 avoit pour chefZi:ka, & c’étoienc les Hussites Thaborices,qui s'étant déclarés ennemis de la Royauté, ne vouloient ni de Coribut, nid’aucun autre pour souverain. Les Catholiques peu contens de protester quejamais ils ne donneraient leurs voix à Coribut, fe saisirent de la couronne ícallerent la transporter à Carlstein. Coribut irrité alla former le siégé de cetteplace, devant laquelle il éprouva la plus vigoureuse résistance j il tenta tousles rno/ens possibles de s’en rendre maître, soit par la force, par la surpriseou par la ruse ; rien ne lui réussit, & déjà il y avoit quatre mois que le sié-gé duroit, quand on vit arriver en Bohême une nombreuse armée Allemandecommandée par le Marquis de Plauen : ce Général ayant pris la route de Satzou Siatik, petite place très-peu forte, & dans laquelle s’étoient retirés une foulede gens de la campagne avec leurs effets qu’ils avoient voulu soustraire à l’aviditédes soldats Allemands: Plaven ne soupçonnant seulement point que l’on sic quel-que difficulté à lui accorder le passage, le demanda, ót promit de ne causeraucune forte de dommage; niais les habitans de Satz lui répondirent que ja-mais ils ne confentiroient à laisser tranquillement passer des ennemis arméscontre leurs concitoyens. Le Marquis de Plauen irrité d’une telle réponse,& fe persuadant d’emporter cette place d'assaut, la fit attaquer en même temsde trois côtés; les assiégés fe défendirent avec la plus grande valeur. Plauenfit inutilement tous ses efforts ; il échoua ; les habitans de Satz peu contensde lui résister, firent une si vigoureuse sortie, qu’ils mirent ia confusion parmiles assiégeans; ceux-ci prirent l'épouvante & s’enfuirent en désordre (2).
Le fiege de Carlstein duroit toujours avec les mêmes avantages du côtédes assiégés; Coribut voyoic tous ses projets déconcertés, toutes fes mesuresrompues, & pouf comble de disgrâce, il reçut la nouvelle d’une irruption
(r) Theob. Hìsi. Ihff. Lupac Ephem. ter. Boitent, ( 2 ) DubriV. Bist. Behem. L. r<5.Tbìob, Bell. Hujs. Dubranski.
M m 3
Hisl. d'AI-Irnii^ire,
1400-1443.
G Vic-toire d-7.’s-k.ì J-,r tesImpériaux.-1422.
Cotihut àPr.-igtf ; ap-positionsq-i’il yéprouve,entrée d’ìtntarmée d’Al-lemands enBohême.
Ili font lat-tus.