D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. IX.
celle de livrer bataille aux Thaboríces supérieurs en nombre, & qui avoienc //-,?l’avantage du poste ; il fut completement battu (i). Dès la fin de l’hiver fui- le-.mgne,vant Procope Rase alla faire le siégé de Prague, divisée alors en autant de
factions qu’il y avoit de différentes sectes parmi les Husiites ; les Calixtins, .'
les Thaborites, les Orphelins & les Oberites y disputoient ;Voutrance, sevouoient une haine irréconciliable & ne se réunislòient que pour opprimer &tyranniser les Catholiques, qui y étant les plus foibles, étoient cruellementfoulés. Dès les premières attaques de Procope Rase, les Calixtins lui en-voyerent faire des plaintes de ce qu’il assiégeoit ses amis: Procope y eutégard; abandonna le siégé & ramena ses troupes à Glattau, dans la résolu-tion de se jeter sur la Bavière : mais informé de la marche des Princes Alle-mands , qui conduisoient une armée de cent mille hommes commandés parles Comtes Wenden & Schwartzetnbourg, il changea de résolution, & di-visant son armée en trois corps, celui des Thaborites qu’il commandoit, desOrphelins commandés par Hincko deKolstein, & des Calixtins fous les or-dres de Boczkco de Podiebrad.
Les Husiites ne marchèrent pas long - tems dans cet ordre fans rencontrerl’armée Impériale: les Allemands comptant trop fur leur grand nombre, sejecerent avec impétuosité sur les Thaborites, & la fortune parut d’abord se-conder leurs efforts ; mais bientôt la valeur des Husiites fit changer le com-bat de face; on se battit de part & d’autre avec la plus intrépide valeur de-puis dix heures du matin jufqu’après le coucher du Soleil ; la victoire se dé-clara enfin pour les Husiites, la perte, du côté de l’armée Allemande fut im- nohnre desmense suivant quelques auteurs contemporains, à la vérité peu d’accord en-tre eux: mais ils conviennent tous, qu’il y périt un grand nombre de sci- í ^ ar ‘^ ì 'gneurs très-illustres, & que les Husiites ne perdirent pas plus de 3000 hom-mes. Tout autre Général que Procope eut poursuivi très-vivement lesfuyards; mais il modéra l’ardeur de ses soldats, & les raíîèmbla en bon or-dre; car il savoir que le Duc de Bavière venoit suivi de 8000 hommes, &il ne vouloir pas que ce reste d’Allemands lui échappât (2).
En effet, peu de momens après il vie paraître ì’armée du Duc; celui-ci,informé de la défaite des Impériaux comptoir surprendre les vainqueurs, tan-dis qu’ils pilleraient, comme il le fuppofoit, le camp, ou qu’ils poursui-vraient en désordre les fuyards: il se trompa & jugeant à la contenance desHusiites qu’ils fe dispofoient à remporter une seconde victoire, il se retira;
Procope de son côté décampa, traversa en partie la Bohême, & alla surles frontières de la Moravie, assiéger Kamenirz, place bien fortifiée & défen-due par Agnès, fille de Sezime d’Aust, jeune personne fort au dessus de sonâge & de son sexe; elle fit une résistance d’autant plus vigoureuse, qu’elleattendoit un secours que devoit lui conduire Neuhaus ou Maisonneuve gentil-homme Bohémien son parent, qui en esset approchoic de Kamem'tz, lorfqu'ilfut battu par les Thaborites, ■& contraint de se retirer. Agnès après les ef-forts les plus héroïques, ne pouvant plus tenir obtint des conditions hono- Ft prise a £râbles, & rendit la place à Procope, qui la fit conduire où elle voulut se re- Kamtnh-.,
(1) Balhin Epit. P. 4 66 . T’r.cob. Bill. IlujJ.[ftair, Rí-htm.
(2) Theob. Bell, Httjs. Commu.t, II-!},