D’ALLEMAGNE. Lrv. XXV. Sect. IX. 289
que résolu de s’en venger avec éclat, il prit une échelle & monta contre unehaye afin de voir par quel côté il ferait le plus convenable de diriger 1 at-taque : mais à peine il étoit au haut de l’échelle, qu’un coup de lance le ren-versa mort. Ce malheureux accident répandit sur les troupes une telle conster-nation , qu’elles refusèrent de continuer le siégé de Flensbourg : Adolphe, frè-re de Henri fit vainement tous ses efforts pour ranimer leur courage ; elless’enfuirent; les troupes même de Lubec & de Hambourg se retirerent auffïprécipitamment que les autres. Henri par ses grandes qualités, par son activi-té, sa prudence & sa valeur, avoir mérité la confiance des Holstenois & deses alliés; quand il mourut il étoit fiancé avec une Princelïè de la Maison deBrunswick, & il périt jeune & fans postérité (r).
Le Roi de Dannemarck irrité contre les villes de Wandalie, envoya con-tre leur flotte une escadre qui remporta une victoire complette, & pour com-ble de bonne fortune, ses armateurs prirent trente vaisseaux de la Régencede Lubec chargés de marchandises. Quelque considérables que fuffènt ces Les villasuccès, Eric désirait ardemment de faire une paix solide avec les villes mari- '\ e w _mda.cimes du Nord, & de les détacher des intérêts des Comtes de Holstein ; il ^èréeT’^leur écrivit, & fut secondé par les Magistrats, contre lesquels le peuple se corne lesouleva, par cela seul qu’ils étoient d’avis de faire la paix avec le Danne- Drame.marck. L'Emperêur Sigismond ne fut pas plus heureux dans les lettres qu’il marck -écrivit à ces mêmes villes, il ne put les engager ni par ses promesses, ni par stsmenaces à quitter les armes; elles répondirent vivement au Roi Eric, & luireprochèrent avec amertume d’avoir attenté à leurs privilèges, & détruit laliberté du commerce du Nord. L'Empereur, dans la vue de pacifier cettedivision, qui enfiammoit le Dannemarck, mais toujours porté pour les inté-rêts d’Eric, chargea Nicolas Stock de négocier la paix ; ce ministre habilele rendit à Lubec, fit assembler le Sénat, & parla si fortement du tort quela Régence avoit eu d’armer, fans en avoir reçu Tordre, ni la permission duChef de l'Empire, que la Régence qui sentoit en effet, qu’elle avoit agitrop précipitamment contre les loix du corps germanique, demanda quelquesjours pour délibérer; Stock y consentit & alla trouver les Comtes de Holsteinau monastère de Reinfeld ; mais ceux ci ne voulurent entendre à aucune pro-position d’accomodement, à moins qu’Eric ne commençât par leur laiíîèr lapaisible jouissance du Duché de Sleswick comme d’un fief héréditaire.
Le Roi de Dannemarck étant disposé à la paix, on convint pour en réglerles articles, de tenir un congrès à Nikoping, où toutes les parties belligérantespromirent d’envoyer des députés. II survint de la part des Comtes de Holsteinquelques difficultés; mais Stock lesapplanit: tandis qu’on ne paroiflòit s’oc- Négociationcuper que des moyens de pacifier tout, les flottes du Holstein & des villes rompue, lade Wandalie continuoient leurs hostilités, & elles furent portées si loin, quele Roi de Dannemarck justement courroucé, ne voulut plus entendre h au-cun accomodement, & jura que cette querelle ne ferait terminée que par lavoie des armes. Les villes alliées penfòienc exactement comme Eric, &quelque disposées qu’elles parussent être à négocier, déjh elles avoient misen mer une flotte de 160 voiles qui prit la route de Coppenhague, dans le
Hisi. d’Al-
lemagne,
14C0-1440.
(O Crantzius, Huitfdd Hist, Dan, ai ann. 1427.Terne XL. O o