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290 HISTOIRE DE L’E M P I R E
dessein d’attaquer cette capitale, mais le Roi avoit pourvu à tout, & les cô-tes étoic-nt fi bien gardées, que les alliés ne jugeant pas à propos de tenterune descente aux environs de Coppenhague, allerent tenter un débarque-ment dans lTlc de Zélande: mais la Reine de Dannemartk avoit rallèmblétous les habitans de l’Ile en état de porter les armes, & par son activité ellegarantit fi bien les côtes, que nie entiere fut à l’abri de toute insulte; en-sorte que cette flotte si formidable, devenue inutile, fur contrainte de se re-tirer , sans avoir pu rien entreprendre. Gerhard de Holstein & Guillaume deBrunswick, plus heureux dans leurs hostilités firent une violente irruptiondans le Jutland, s’emparerent de tous les environs de IColding, contraigni-rent les habitans de se renfermer dans leurs forts, les y poursuivirent, serendirent maîtres des forteresses, mirent le feu aux tours & réduisirent encendres ces différentes places avec tous ceux qui s’y étoient renfermés. Decette expédition, ils allerent attaquer les habitans du Canton d’Arhus, lesforcerent de s’enfuir & firent un butin immense (1).
Quelque considérables que fuiïènt les succès des Comtes, ils ne pouvoientse dissimuler qu’ils faisoient la guerre contre les ordres exprès du Chef del’Empire, qui avoit déclaré fes intentions & les moyens qu’il prenoit pourrétablir la paix. Ainsi, pour ne pas irriter Sigismond, & craignant, s’ilscontinuoient, d’être mis au ban de l’Empire, ils publièrent un manifeste,par lequel ils protestoient ne recourir aux armes que forcément & pour laconservation de leurs droits & de leurs possessions violés par le Roi de Dan-nemarck: du reste, ils déclaroient qu’ils étoient prêts à s’en rapporter à ladécision du grand-Maître de Prusse, qu’Eric lui-même avoit choisi pour ar-bitre; mais qu’ils ne pouvoient consentir à s’en rapporter au jugement del’Empereur, qui parent du Roi Eric, ne pouvoit par cela même, être jugedans cette cause. Sigismond à qui ce manifeste fut envoyé, n’y eut aucunégard, & déclarant qu’en semblable matière le chef de l’Empire ne connoif-soit ni juge, ni supérieur, il défendit à qui que ce fut de prendre connoissin-ce du différend du Roi de Dannemarck avec les Comtes de Holstein. Enmême tems l’Empereur donna ordre aux Electeurs de Brandebourg, deSaxe, & au Duc de Lunebourg de soutenir de toute leur puiílànce le Roide Dannemarck (2).
Les Comtes de Holstein, fans rien céder de leurs prétentions consentirent,pour ne pas ulcérer Sigismond, à une trêve pendant laquelle des commissuresnommés de part & d’autre s’asiemblerent à Nikoping: les conférences nefur n t rien moins que paisibles: les Comtes de llolst.in persistèrent à soute-nir que ce différend ne pouvoit être jugé que dans un congrès libre & oùl’autorité de l’Empereur n’eût aucune influence; c’étoit déclarer ouvertementqu’ils ne vouloient pas reccnnoître le congrès de Nikoping, auísi les négo-ciateurs fe séparèrent-ils fans avoir pu rien conclure. La Reine de Danne-marck enhardie par l’éclat des succès qu’elle avoit eus contre les ennemis,& voulant se signaler par de nouvelles entreprises, mit en mer une flotteassez considérable dans le dessein d’aller ravager le pays situé aux environs deStru'fund; cette expédition ne réussit pas; au contraire, la flotte Danoise fut
(1) Pontanus Rer. Dr.n. Hist. Huitfeld Hist. Dan. Meursius Hijl. Dan. ad ami, 1427.
(2; Idem Hist. Dan. a 4 euni. mn, Bering, í'iorus, Dan. ai ann, 1428.