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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. IX. 297

•déclarant nulles les deux élections, nomma Archevêque & Electeur de Trê- ^ d . AI ,ves Raban de Helmenstadt. Udalric-ne respectant pas plus l’élection de Raban lemajine, *que celle de Sirck, continua ses hostilités, parvint à mettre dans son parti le 1400-14-12.chapitre, la noblesse & le clergé, mais ne put également gagner les Magis- "trats de Trêves, qui refusèrent de le reconnoître. Raban excommunia tousceux qui favorisèrent son compétiteur; celui-ci fe saisit de quelques villesqu’il ne put conserver, perdit peu à peu ses partisans & finit par être con-traint de céder (t). '

Tandis que ces divisions troubloient le repos de l’Empire & de PAlIe-magne, un ennemi plus redoutable encore que les Huilâtes menaçoit la Hon-grie; ce terrible ennemi étoit Amurath II, dont les troupes, au mépris de1 a trêve, faifoient de fréquentes irruptions en Servie, où elles mettoient tout àfeu & à sang. Sigismond demanda, à Uiadislas, Roi de Pologne & à Wi- Les Turcsthold, Grand Duc de Lithuanie une entrevue à Lucko, pour y prendre des menacentiamesures qui pusiènt arrêter les hostilités des Turcs, mais dans cette confé- H°”ë, rie ;rence, au lieu de s’occuper des moyens de s’opposcr aux desseins d’Amurath,

Sigismond commença par proposer à Uiadislas & à Withold de faire de con- dt^SigU-cert une expédition en Moldavie, asin d’en chaílèr les Princes de ce pays & neni.de se le partager ensuite. Le Roi de Pologne, très-surpris d’une telle de-mande , répondit qu’il ne croyoic pas qu’il y eût de i’équité à vouloir fansnulle cause légitime accabler les Walaques , déposséder leurs Waiwodes,

& s’emparer en brigands d’une contrée qui appartenoit incontestablement àdes Princes & à une nation amie de la Pologne. Peu déconcerté du refusdes deux Princes, l’Empereur demanda que l’on convoquât un concile pourla réduction des Bohémiens & la réformation de l’Eglise, offrant, si le Papene vouloir pas le convoquer, de l’aííernbler lui-même de son autorité. C’é-toit pour concerter les moyens de s’opposcr aux Turcs, & non pour délibé-rer fur la ruine des Moldaves, ou pour examiner comment il seroit possiblede réduire les Bohémiens, que l’on s’étoit asièmblé à Lucko; aussi ces deuxdemandes rejetées, Sigismond insista fur la nécessité de faire la guerre auxTurcs ; Uiadislas promit de secourir Sigismond aussitôt qu’Amurath attaque-rait la Hongrie ; mais il voulut qu’auparavant on sommât Amurath d’exécu-ter les traités qu’il avoit conclus avec la Pologne & la Hongrie, & de retirerses troupes de la Servie (2).

Sigismond très-mécontent de l’avis du Roi de Pologne, mais ne jugeantpas devoir encore fe plaindre hautement, imagina, pour fe venger, de per-suader à Withold de consentir h ce que le Chef de l’Empire érigeât la Li-thuanie en Royaume: il lui en sit même la proposition, & elle éblouit tel-lement le grand-Duc, qu’il ne désira rien tant que d’être couronné, mcme,s’il le falloit, fans le consentement du Roi de Pologne : mais ce projet futrejeté par la ferme & constante résolution de l’Evêque de Cracovie, quisouleva les prélats & les barons de Pologne; ils déclarèrent tous qu’ils souf-friraient plutôt la mort que de souscrire à une érection aussi pernicieuse à laPologne. En vain Withold fit prendre les armes à ses troupes pour steon-

(1) Rer. Mog. Script. Tom. i. Adlzreit. Arm. Boìc. Gent. L. 7. Part. 2. Ann. Trevir.fag. 272-275. (2) Dlugloíli Hist, Palon. L. n. s, 514-53(3.

Tome XL. P p