*98
HISTOIRE DE L’E M P I R E
1400-1440.
Mort duF.ipt Mar-tin V. Eu-gènetutcciie.
Sect.iX. der la bonne volonté de l’Empereur; en vain cel'ui-ci avoir fixé le jour & leIiijì.’ d’AI- lieu de son couronnement, tout ce brillant projet échoua, & le Duc de Li-lemagne, thuanie, âgé de plus de 80 ans, étant tombé malade, reconnut non seule-ment la vanité du titre dont on l’avoit flatté, mais encore l’impoísibilité d’enêtre décoré, si les Polonois & leur Roi ne vouloienc pas y consentir, il yrenonça hautement & mourut peu de jours après.
L’Empereur tenoit alors à Nuremberg une diete, dans laquelle, après huitmois de délibérations, presque tous les Princes de l’Empire qui y aísistoient,ainsi que Julien, Cardinal de St. Ange, en qualité de Légat du Pape ; con-vinrent de faire une nouvelle expédition contre les Huffites, & d’cmployer, :pour les réduire toutes les forces de P Allemagne & de l’Empire, Le PapeMartin V applaudit à cette délibération mais il n’eut pas le teins d’en voirIVlui l’exécution, la mort l’ayant surpris lé 20 de Février 1431. Martin V avoiroccupé le Pontificat pendant 13 ans. Ce fut lui qui décida la question ridi-cule proposée fort mal à propos aux Casuistes, savoir si les rentes constituéesfont, ou ne font pas usuraires; il eut assez de bon sens pour décider que cesrentes font licites. Le succeflèur de Martin fut Gabriel Condolmiere, Véni-tien, neveu du Pape Grégoire XII, & qui dans fa jeunesse ayant donné tousses biens aux pauvres s’étoit retiré dans un hermitage : il prit le nom d’Eu-gene IV, promit, avant que de prendre possession du S. siégé de ne créerdes Cardinaux que du consentement des anciens, de ne pas transférer hors deRome la résidence pontificale, & de convoquer inceiïàmment lin concile»
Le nouveau Pape confirmant le Cardinal Julien Légat en Allemagne, écri-vit aux Princes de PEmpire des lettres fort pressentes pour les inviter à seréunir contre ceux qu’il appelloit les hérétiques de Bohême ; Sigismond fati-gué d’hostilités &, dans Pefpérance que des négociations auroient plus deliiccès que des batailles, alla lui-même jufqu’à Egra, d’où il envoya deuxseigneurs à Prague chargés de faire aux Bohémiens des propositions d’acco-modement. Les seigneurs Huffites,' & Procope Rase lui - même, fatigués decombattre parurent également portés à la paix ; il n’y eut que les Orphelinsqui ne voulurent point consentir à la négociation, mais ils ne surent pointécoutés, & les Bohémiens envoyerent quatre députés à Egra, où l’Empe-reur étoit encore; les conférences durerent pendant quinze jours, & déjàl'on étoit d’accord fur bien des points de part & d’autre, lorsque les négo-ciateurs Huffites apprirent que dans l’Empire tout étoit en armes contre eux:Furieux à cette nouvelle, us rompirent les conférences, se plaignirent amè-rement, déclarèrent qu’il n’avoit pas tenu à eux que la paix ne se rétablit, &se retirerent à Prague, où les Huffites assemblés avoienc pris déjà les plus vio-lentes résolutions (1).
Plus indigné que le reste des Bohémiens, Procope Rafs à la tête d’uncorps considérable de Huffites fit fans succès une irruption dans la Voigtland,& revint en Lusace assiéger Reichenbach. II y éprouva de la part d’Othonde Brunswick qui y commandoit, une très-vive résistance, malgré laquellecependant il s’obstinoit à rester fous les murs de cette place, lorsqu’il y futattaqué dans ses retranchemens par l’fîlectear de Saxe à la tête d’une noirn-
Négociationrompue.Fureur desMujsnes.
st' Iizovius ail ann, 143t. Czechor. Pag. 455