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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. IX. 299

treux armée. Procope s’enfuit très-précipitamment, & reprit le chemin de ////?.Prague, où il trouva cous les Hussites rasièmblés & prêts à faire les plus grands Jemngne, *'efforts, contre leurs ennemis. Le rendez-vous général des Hufïites fut indi- 1400144c.•qué h Chodilchow, où ils se rendirent au nombre de 50,000 hommes d’in- -

fanterie & de sept mille de cavalerie, suivis de 3600 chariots, outre cettepuissante armée, plusieurs corps de troupes répandus fur les frontières de laBohême en défendoient l’entrée aux Impériaux, qui, par la lenteur des Prin-ces, manquèrent le tems favorable pour attaquer les ennemis. Les impé-riaux fe mirent enfin en marche, fous le commandement de Frideric, Elec-teur de Brandebourg. On na fait pas au juste de combien de combattans cetteformidable armée étoit composée, les uns assurent de 90000 hommes & plu-sieurs qu’elle étoit de 1 30000, tant fantassins que cavaliers. Sur la fausse Défaite ànouvelle d’une division survenue entre les Hussites, les Impériaux hâtèrent leur Impériauxmarche, & le Duc de Bavière avec le fils du Marquis de Brandebourg, alla U riíííílif 'faire le siégé du fort de Tachau fur la Misa. C’étoit là où Procope les a t- ^ w *tendoit; il accourut à la défense de cette forteresse, & attaqua les assiégeansdans des lieux marécageux & où les Impériaux avoient le plus grand désavan-tage; le Duc de Bavière voulut fe retirer & il fut harcelé & battu dans famarche, son avant-garde mise en déroute & si fort effrayée, qu’elle porta laconsternation dans le reste de l’armée.

Les Allemands découragés fe fuílènt retirés, ainsi que leurs Princes égale-ment très - effrayés, si le Cardinal Julien ne fe fut donné les plus grands soinspour les rassurer : ils rougirent de la terreur à laquelle ils s’étoient laiffés sur-prendre, & allerenc camper au Riesenberg ou Montagne des géants, résolusd’y attendre les Hussites. Ceux-ci ne tardèrent point à paroitre, & au mê-me instant Procope Rase donna le signal de i’attaque, qui fut si prompte &si vive, que les Impériaux enfoncés, effrayés, ne purent fe rallier; Procope Bataille dtne leur donna point le tems de fe reconnoître ; il les pousià plus vivement Riesenbergencore, & les mit en déroute; les Impériaux épouvantés prirent la fuite, le . Slaiffant fur le champ de bataille 11000 hommes & entre les mains des vain- jlauus.queurs 700 prisonniers, le bagage, les munitions de guerre & de bouche,

50 gros canons & 240 chariots dont plusieurs étoient chargés d’or & d’ar-gent: on affure qu’en cette occasion le Cardinal Julien hâta si fort fa fuite,qu’il perdit avec la Bulle du Pape, son chapeau & son habit de Cardinal quitomberent entre les mains des Hussites (1). Tout aussi effrayé que le CardinalJulien, le Duc de Bavière fe retira à Ratisbonne, & porta la consternation,dans cette ville qui s’étoit épuisée pour fournir aux frais de l’armement. Tan-dis que la victoire des Hussites étonnoit l’Allemagne & l’Europe l’EiecteurPalatin accouroit suivi de 26,000 hommes pour fe joindre aux Impériaux,

& apprenant au milieu de fa course la défaite des Allemands, ne crut pasdevoir continuer fa route & provoquer au combat un ennemi que son triom-phe rendroit encore plus redoutable ; il fe hâta de s’en retourner fur fes pas.

Un peu remis de fa frayeur & comptant les Hussites fort éloignés, le Car-dinal Julien entreprit de ranimer le courage des débris de l’armée Alleman-

(1) Barre Hijl. d’jillem. Tom. 7. Pag. 338, 339. Theob. Bell, Huiï, Aenea; Sylviuîcr.p. 48. Baibin Bpit. Pag. 477.