Sbct. !X.M fl. d’Al-lemagne ,1400 1440.
Défaite desHnjsttcs,devantBrinn.
Ji.es Tlnffi'esspnt battus.
300 HISTOIRE DE L’E M P I R E
de; &, pour aguerrir les Impériaux, il forma le siégé de Przibislaw. Al-bert, Duc d’Autriche, persuadé auslì que l’ennemi étoic fort loin s’avança verscette place pour fe joindre au Cardinal; mais les Thaborites volèrent au fe.-cours des assiégés, attaquèrent les assiégeans & les contraignirent à prendrela fuite. Albert qui 11’avoit pas encore joint le Cardinal, pasià en Moravie,,où il commit d’assreux ravages & en Autriche, où il fut suivi & pris parProcope le petit, qui désola ce Duché & y fit un immense butin.
Fatigué de carnage & chargé de butin, Procope repassa dans la Moravieoù le Duc Albert avoir laissé Kragir h la tête de dix mille hommes. Kragirtrop foible pour combattre en bataille rangée contre les Ilussites, les fatiguapar ses marches, & alla s’emparer d’un poste avantageux où il fe maintintavec tant de valeur & d’habileté, qu’il ne put en être chassé: il fe retira enbon ordre dans la ville de Brinn, où il fut prefqu’aussitôt assiégé; mais il fedéfendit avec un tel courage,,qu’il obligea les assiégeans de fe retirer, & fai-sant sur eux une vigoureuse sortie, il les mit en suite, les harcela, & lesforça de gagner la province d’Olmutz, où la prise de quelques châteaux nerépara que faiblement la honte qu’ils avoient^ssuyée à Brinn (r). Plus ter-rible & plus heureux dans ses hostilités, Procope Rase, après avoir dévastéla Silésie & jeté la consternation dans le Duché de Troppau, où il avoirremporté une victoire complette fur le Duc Wencestas, fut joint par Proco-pe le petit; & ces deux chefs suivis d’une armée considérable, allerent fon-dre fur la Hongrie, où ils mettoient déjà tout à feu & à sang, lorsque lesseigneurs Hongrois apprenant qu’une partie des Ilussites avoit pris la route dela Moravie, & qu’il ne restoit plus en Hongrie qu’un corps assez considéra-ble réunirent toutes leurs troupes, formerent une petite armée d’environ18000 hommes, dont ils donnerent le commandement à Rozgon, Gouver-neur de la province, & marchèrent contre les Ilussites qu’ils trouvèrent canirpés fur le Wag dans un poste avantageux. Roz;on, habile Général, necroyant pas devoir attaquer l’ennemi dans un tel poste, feignit de fe retireravec crainte, & attira par ce stratagème les Ilussites dans la plaine; ceux-cin’étoient qu’au nombre de 7000; mais ils étoient commandés par Procope;ils ne balancèrent point à combattre contre les Hongrois, quoique ceux-cifussent au nombre d’environ 18000 hommes: malgré cette inégalité le com-bat fe soutint avec la plus incroyable valeur, depuis 9 heures du matin, juí-qu’à 4 heures du soir, mais enfin la victoire fe rangea du cô:é du plus grandnombre: la plupart des Ilussites périrent les armes à la main; les autres furentmaíTûcrés dans leur retraite; enforte que de 7000 hommes, Procope n’en-ramena guere qu’environ 1500 en Bohême (2).
Sigismond conseillé par le Cardinal Julien, profitant désavantagés que lesImpériaux a voient fur les Bohémiens, leur écrivit avec beaucoup de douceurpour les exhorter à le reconnoìtre & les inviter à envoyer au concile pour feraccomoder avec l’Eglife. Les Hussites bien loin de fe rendre à ces exhorta-tions , répondirent à l’Empereur qu’ils périroient plutôt que de renoncer àleur doctrine, & qu’ils étoient résolus à fe défendre jufqu’à la derniere ex-trémité. Ce concile dont Sigismond parloit, avoit été indiqué à Basle par;
(1.) Theob. Bill, IJuJflt, Çzecbor. Pag. 564. (2) Hem. Ibidem, Aeneas Sylvius