Sxcf. IX.
m.
lemagne,
1400-1440-
Ligued'Albert IIooec le Hesfo’e d? Bul-garie contrelei Turcs.
I4‘î9-Cruautéd'A murât h.
Mort deÏ Empereur
Albert II.
Son portrait& fa posté-rité.
316 HISTOIRE DE L’E M P I R Ë
sembla le plus grand nombre des Calixtins & des Thaborites, & mafchi con-tre les Ottomans. George de Bulgarie avoit donné en mariage à Amurath (àfille unique, & lui avoit remis en ôtage son fils aîné, ce mariage fit conce-voir à Amurath le dessein de s’emparer des Etats de son beau - pere, & com-me celui ci, malgré ses promesses, faisoit fortifier Semandrie, l’Empereurdes Turcs prit de là prétexte d’envalvr la Bulgarie. George informé par fafille de ce projet d’invasion, demanda des secours aux Hongrois. Les Pala-tins témoignèrent très-peu d’empressement à secourir leur voisin, quelquesinstances que fit auprès d’eux Jean Corvin Hunniade. Tandis que l’arméeHongroise perdoit un teins précieux en vaines délibérations, Amurath assié-geoit la ville de Semandrie, donc la garnison épuisée fut contrainte de se ren-dre à discrétion. Le cruel Amurath fie créver les yeux à ses deux beaux - frè-res, les Princes Etienne Lt George, fils du Despote de Bulgarie (1).
A la nouvelle des progrès de l’armée Ottomane, Albert II se rendit à Bu-de, & par ses remontrances & ses prières ranimant l’ardeur des Hongrois, ilspromirent d’envoyer incessamment des troupes à Pesth ; mais ces troupes at-taquées par une maladie contagieuse qui ravageoit alors la Hongrie & la Ser-vie devinrent inutiles: cette contagion s’étendit si loin & causa tant de rava-ges, qu’elle attaqua aussi l’armée des Turcs, qui furent contraints de s’éloi-gner. Albert dont la santé étoit très-altérée depuis la chute qu’il avoit faiteà Bresîaw, fut atteint par la contagion, & éprouva une diísenterie, dont ilaugmenta lui-même la violence en mangeant du melon; il prit la route deVienne, dans l’efpérance que la salubrité du climat de cette capitale lui ren-droit la santé, mais arrivé à Nesmel, aux environs de Gran ou Strigonie, ilse sentit si fort affoibli, que, n’espérant plus rien, il fit son testament, &mourut le 27 d’Octobre, âgé de 45 ans, dans la 2 si année de son régné,comme Empereur & comme Roi de Hongrie & de Bohême (2). Bave, in-trépide, généreux, éclairé, Albert II commençoit à remplir les grandes.espé-rances que donnoient ses vertus, ses talens, ses éminentes qualités, lorsquela mort le moissonna: s'il eut vécu, vraisemblablement, il eut éclipsé la gloirede ses prédécesseurs.
De ion épouse Elisabeth, fille de PEmpereur Sigismond, Albert laissa deuxfilles, Anne, qui dans la fuite fut mariée à Guillaume, Duc de Saxe, & Eli-sabeth , qui épousa Casimir, Prince de Pologne. L’Impératrice étoit enceintelorsqu’elle perdit son époux: elle se donna les plus grands soins en Hongrie& en B )hême, pour que l’on attendît ses couches, avant que de disposer deces couronnes (z): plusieurs parens d’AIbert aspirèrent hautement au Duchéd’Autriche; mais les Etats de ce Duché statuèrent que Frideric, fils aînéd’Ernest, Comte deTirol seroit administrateur d’Autriche cn attendant les cou-ches d’Elisabech, & que si elle accouchoit d’une Princesse, Albert & Fride-ric prendroient possession de FAutriche, comme héritiers d’AIbert, les Hon-grois promirent aussi d’attendre l’événement des couches de l’Impératrice avantque de disposer du sceptre; cependant quelques historiens assurent qu’ils trai-tèrent avec le Roi de Pologne. Quant aux Etats de Bohême, après bien des
(1 Ronsin, Rerurn Hung. Décnd. 3. L. 4. (1) Aeneas Sylvius, Hist. Rohm. cap. 50-
Geihard de R 00, J . 5 (3) Ritn n’étoit plus juste; nous verrons dans la section sui-
vante qu’ellc accoucha d’un fils le 22 íevr, 1440, qui fut nommé Ladislas.