$iS
HISTOIRE DE L'EMPIRE
Sect. X-mit. d’Ai-kmigne,1440-1 519-
II cherchek rendre lapaix à l'E-glise & sedéclare pourU Pape Eu-gène.
E^gene estdéposé par leconcile quiélit le DucShn.déeVIII. stprend ler.om de Fé-lix V.
avoit eus durant son sommeil : il fe croyoit fort éclairé, parce qu’il avoir fortaflìduement étudié les principes absurdes de l’astrologie judiciaire. D u relieil étoic d’une indolence extrême (1), & comme toute occupation utile le fa-tiguoit, il écoit grand ami de la paix, & toujours prêt pour i’obtenir à fairemême les plus honteux sacrifices : les avares font ordinairement fort soupçon-neux, & Frideric étoit le plus méfiant des hommes; il s’cmbarafiòit peu queses ministres vexassent le peuple, il craigncit seulement qu’ils ne le trompas-sent, & il ne fe croyoit trompé que loríqu’on le voioit: aussi le fut-il très-fouvent, mais comme les ministres & les Princes ne fdisoient qu’abuser de sonnom & de f autorité qu’il leur confioit pour piller, vexer ses lujets, & qu’ilsle laiílòient jouir du plaisir de remplir & contempler les trésors qu’il accu-mulait dans fe coffres, Frideric III fe croyoit fort heureux & très-fidellementservi ; c’eíl ainsi que les historiens peignent le successeur que les Electeurs don-nèrent au généreux Albert II (2). II est vrai qu’Aeneas Sylvius le justifie &lui donne un caractère bien différent; & que selon lui, l’économie de Fré-déric ne paroit avarice que parce qu’on la compare avec les prodigalités deSigismond & d’Albert ; fa frugalité & fa modestie avec leur intempérance &leur faste; mais on fait que cet historien avoit été son secrétaire, & qu’ildut fa fortune & son élévation à cet Empereur. Cependant ce même Princedont nous venons de tracer, d’aprcs la vérité un portrait si désavantageux,montra en quelques occasions des talens respectables, même du désintéresse-ment; il donna, malgré son excessive timidité des preuves de courage quel’on n’attendoit pas de lui ; il protégea la Religion, & eut pour le St. Siégéplus de vénération qu’il n’eut dû en avoir: il est vrai que son régné fut unelongue léthargie, mais quoiqu’il parut endormi fur le trône durant 53 an-nées, il y eut des occasions où fe réveillant tout à coup il montia la plusgrande activité, & surtout dans les commencemens de son empire, vraisem-blablement pour prouver qu’il étoit digne du choix qu’on avoit fait de lui :lorsqu’il arriva à Francfort pour confirmer son élection, il y trouva les Lé-gats du concile de Bâle fort occupés à solliciter les Princes de l’Empire d’ap-prouver la déposition d’Eugene, résolue par les P P. du concile; lesquelsn’avoient point été rebutés par les refus du Roi de France, Charles VII, quileur avoit reproché de n’agìr que par les motifs d’une haine particulière; lesElecteurs très-vivement pressés par les Légats étoient même déjà disposés àconsentir à cette déposition, mais le nouvel Empereur parla si fortement enfaveur du chef de l'Eglise, que les ramenant à son opinion, il fit statuer quel’assemblée de Francfort recevroit tout ce qui seroit fait par le concile de Bâ-le, à l’excepdon toutefois des décrets que l’on y porceroit contre le Pape Eu-gène , à l’égard duquel on resservit dans la plus exacte neutralité. Cette dé-libération ne répondoit point du tout a l’attente des Pères du concile de Ba-ie: elle ne les déconcerta cependant point, & les plus envenimés d’entreeux contre Eugene, s’assemblerent en conclave au nombre de 28, dépoferentle Pape qu’ils haïssoient & lui donnèrent pour successeur Amedée VIII, Duc
(D h prit pour devise A. E. I. O. U. C’esl-à dire /lustria est imper are orli Universo,c’est á l’Áutriche á commander l’Univers. C’est des connoissances de l’AstroIogie judi ■ciaire qu ii droit cette prétention.
(r) Cufpin. Naucler. Boulin, in vita Frideric. III.