D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. X. 3^
de Savoye ( 1 ), qui depuis quelque rems, quittant l’administration de son rrfJ t »,Duché qu’il avoir confiée h son fils, s’étoit retiré à Ripaille, solitude char- .mante, où suivi de quelques amis, il vivoit, suivant les uns dans la plus ans- h’.o-Y^V,.
tere pénitence, & suivant d’autres au sein de l'arnitié, des plaisirs L de la vo- -—•
lupté. Quoiqu’il en soit, le Duc, Hcrmice de Repaille, accepta la Thiare,prit le nom de Félix V & écrivit à tous les Princes de la Chrétienté pourleur en faire part.
Tandis que Félix V s’applaudisibit h Ripaille de son éxaícadon, les Hon- £w agrois, oubliant les fermcms qu’iis avoient faits h l’Impératrice Elisabeth, impa- groìsnpênttiens de fe donner un maître, envoyerent offrir la couronne de Hongrie àLadislas, Roi de Pologne, qui l’accepta & fe disposoit même à aller prendrepossession de ce trône, quand Elisabeth accoucha d’un Prince qui sot nommé LheUiXaussi Ladislas. A la nouvelle de cet événement le Roi de Pologne eut la gé- «/«/s ‘gé^.nérosité de refuser le rang qui lui avoir été offert; & il sic dire aux Hongrois reu f e,mi ^qu il y auroit en lui, trop d’injustice h retenir un sceptre qu’ils avoient eux-mêmes reconnu, devoir appartenir au jeune Souverain que le ciel vénoit deleur donner. L’exemple respectable du Roi de Pologne fut suivi par la plu-part des seigneurs Hongrois qui, rendant au jeune Prince les droits donc onavoir tenté de le dépouiller avant fa naisiànce, ne balancèrent plus, & dé-clarèrent la Reine Elisabeth Régente du Royaume ( 2 ). La naissance de cePrince & la générosité de Ladislas ia tirèrent de {'oppression de ses sujets;car en déférant au Roi de Pologne, la couronne de Hongrie, ils lui avoientaussi offert la main de cette Princesse, & elie auroit été sorcce de fe prêter àleurs vues. Elle se fit un parti puissant en Hongrie; sa réconciliation avecBarbe, veuve de Sigismond, lui concilia les seigneurs Hongrois, & elle siccouronner son fils.
Les Bohémiens trop indociles pour imiter la conduite des Hongrois, n’eu- j.rem aucun égard aux promesses par lesquelles ils s’éroienc liés & s’assemblant Jìavì rerciis nommèrent pour leur Souverain Albert de Bavière, auquel ils envoyerent f n S° l;i ««•secrètement notifier son élection par des Ambassadeurs. Albert pensoic exac- dicément comme le Roi de Pologne, & il répondit „ qu’il fe crcitoic le plus B ° Mme '
„ injuste des hommes s’il acceptoit le choix illégitime qu’on avoir fait de lui,
„ au préjudice d’un jeune Prince que les Etats de Bohême n’aveient eu au-„ cune raison de priver du trône de ses peres, & qu’il préférerait 1a mort à„ {'acceptation d’une couronne acquise h de telles conditions.” Le refus d’Al-bert ne fit aucune impression fur les Bohémiens; ils ne voulurent point re-connoitre le fils d Elisabeth, mais ses droits étoienc fi évidens que craignantde ne pas trouver un Prince qui fut aussi mal intentionné qu’ils l’étoic- i°eux-mêrnes, à {'égard de la postérité d’Albert 11, il s n osèrent pas procéder auchoix d’un souverain, & envoyerent prier {'Empereur, ou de íe charger lui-même du gouvernement de Bohême, ou bien de disposer de ce trône en fa-veur de qui il voudroit. Frideric III école avare; l’ossre qu’on lui faisoit étoitéblouissittue, mais connoifiant 1 inquiétude naturelle & l'insubordination desBohémiens, ou peut-être par désintéressement, (car lorsqu’une act.on est
(3) Pap. Brev. Poiitif. Rom. Tom. IV. Voyez notre Tome XXXVIII. Hiít. de SavoyeSecte III. p. 3£>. £? fmv. /
(1) fionsin, Rer, Hmgar, lïïjìor. JDùatl. 3. Lib. 4.