Sacî. X.Hist. d’Al-lemagne,14 40-i5'9-
L'friper mrJnutient lesintérê’s fieLqiPJI w feupupille.
Mort de laReine Eli-J<iùeih.
JS :rhe veu-ve de Sigis-rr.oni perdl’occajìon deyèffMr enBohême.
144 l-
Z 20 HISTOIRE DE L’E M P I R E
louable en elle-même, pourquoi lui prêter des motifs ou bas ou intéressés?)Qaoiqu’il en soit, l'Empereur refusa ce sceptre, & répondit aux Ambassa-deurs qu’après son retour d’Aix la Chapelle où il alloit fe faire couronner, illeur défigneroit le Prince auquel ils devroient fe soumettre. Cette réponsene satisfit point les Etats de Bohême, & ils lui envoyerent une nouvelleAmbassade pour l’inviter à venir occuper le trône, ou à leur indiquer le Sou-verain qui lui feroit le plus agréable. „ Je n’ai point de choix à faire, ré-„ pondit Frideric aux Ambassadeurs, vous ne pouvez ignorer que le jeune„ Ladiflas, fils d’Albert II est votre maître légitime; si son enfance vous„ empêche de le reconnoître, élisez des Administrateurs qui, jufqu’à fa ma-„ jorité, tiennent les rênes de f Etat (i)-"
Ce conseil dicté par la prudence fut approuvé par les Bohémiens, qui fechoisirent pour Administrateurs du Royaume, Maifonneuve & Ptaczeck, l’un& l’autre également distingués par les services qu’ils ávoient rendus, par leurhabileté ôt par leurs rares talens. Cette élection, les inquiétudes dont la vied’Elifabeth avoir été agitée, les changemcns qu’ellevit dans les dispositions duRoi de Pologne, dont le désintéressement généreux commençoit à s’affoiblir,entraînèrent au tombeau cette Princesse; elle mourut amèrement regrettée, &par fes vertus, ses éminentes qualités dont la moindre étoit d’être Tune desplus belles femmes de son tems, enfin par fa bienfaisance & son caractère gé-néreux, elle mérita les pleurs que fa mort fit répandre : Elisabeth n’eut pasle tems de voir les troubles, les désordres qui bientôt agitèrent la Bohême;incapables de fe gouverner eux-mêmes & trop turbulens pour fe soumettreaux loix d’un Souverain, les Bohémiens fe divisèrent en mille factions, &tandis que les citoyens s’acharnoient à leur mutuelle destruction, les provin-ces en proie à une foule de brigands étrangers qui, à la faveur des discor-des publiques, s’étoient glissés dans le Royaume, opprimoient impunémentle peuple, infestoient les chemins, pilloient & ravageoient les bourgs & lesvillages où ils portoient le fer, l’incendie & la mort. L’autorité des Admi-nistrateurs étoit trop foible pour arrêter le cours de ces désordres, ils ne pou-voient ni contenir les citoyens armés les uns contre les autres, ni purger laBohême des voleurs qui la ravageoient. Maifonneuve & Ptaczeck supposantque la présence de Ladiflas, quoiqu’encore dans fa premiere enfance, feroitplus que tous leurs soins, envoyerent prier Frideric III de l’envoyer en Bo-hême, où devant régner, il convenoic qu’il apprît de bonne heure, les loix& les usages des sujets qu’il auroit à gouverner (2).
Informé de l’efpece d anarchie qui bouleverfoit ce Royaume, Frideric n’eutgarde d’expofer le jeune Ladiflas, &, sous prétexte qu’en mourant la ReineElisabeth lui avoit confié la tutelle de son fils qui feroit mieux & plus sûre-ment élevé à la cour du Chef de l’Empire, que dans un état déchiré par desdivisions intestines, il refusa de renvoyer son pupille aux Administrateurs, quiulcérés de ce refus, envoyerent offrir la couronne à la voluptueuse & dé-bordée Barbe, veuve de Sigismond. Cette Princestè ne fut pas profiter deçette occasion, & les conditions qu’elle proposa fort maladroitement, paru-rent
(2) Thïob. m. fíujs. 1
p) Aeneas Sylvius. IJist, Bohtm, çap. 58.