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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. X. 32s

rent si éxorbicantes qu’on ne songea plus à elle. Un homme ambitieux & quidepuis longtems fomentoit avec adreílè le trouble & les divisions, songeoit à lemagne,s'élever lui-même fur le trône, cet homme étoit Ptaczeck, usurpateur d’au- 1400-1440.tant plus dangereux qu’il couvroit ses projets du voile de l’amour du bien pu- ~'blic; qu’il s’étoit rendu néceíTaire, & que par fl feinte douceur il s’étoit con- Projets d’u-cilié la confiance & rattachement des troupes. Quand Ptaczeck fut parvenu Mpaiìon deau degré de crédit auquel il avoit voulu s’élever, il changea le titre d’Ad-ministrateur en celui de Gouverneur supérieur, se déclara lui - même protec-teur du Royaume, il nomma, croyant se rattacher, Maisonneuve Com-mandant des cercles de Slau & de Prague, & disposa en maître des principauxemplois & des dignités les plus éminentes, dont il révêtit ses créatures. Pourcomble de bonne fortune, il fut si bien secondé par les troupes, qu’il déli-vra les provinces des brigands qui les infestoient, il obligea le plus grandnombre à s’éloigner de la Bohême, prit les autres, les fit périr dans les sup-plices: & rendit la tranquillité aux Bohémiens, qui ne surent pas plutôt li-bres , que se rassemblant en tumulte, ils demanderent qu’on leur donnâtun Roi.

Le parti de Ptatzeck n’étoit pas encore afiêz puissant pour qu’il crut devoirse placer sur le trône: en politique habile, il feignit comme le reste des ci-toyens de désirer un Prince, & convoquant les États parla si fortement enfaveur du jeune Ladislas, que les seigneurs délibérèrent qu’on enverroit en-core demander ce jeune Souverain à Frideric: Ptaczeck bien assuré de nerien obtenir se fit nommer chef de cette Ambassade, se rendit auprès de Fri-deric, qui fatigué des demandes réitérées des Bohémiens, promit, au grandétonnement du chef des ambassadeurs, d’envoyer incestàmment son pupilleen Bohême. Soit que Frideric n’eut fait cette promestè que pour fè délivrerdes importunités des Bohémiens, soit qu’il ne cherchât qu’à gagner du tems,il oublia bientôt rengagement qu’il avoit pris, & les soins de son couronne-ment qui fut fait à peu près dans ce sems h Aix la Chapelle, ne lui permirentpas de s’acquitter de la parole qu’il avoit donnée, ni de faire attention auxtroubles qui recommencèrent plus vivement que jamais parmi les Bohémiens (1).

Tandis que la Bohême étoit dans la plus violente situation, les Princes del’Empire euílènt joui du calme le plus heureux, si la division entre Eugene& Félix V, entre les Peres du concile de Baie & l’inslexibíe Eugene, n’etis-sent causé en Allemagne & dans l’Empire; des mésintelligences, dc-s querel-les, des haines qui s’enflammerent de jour en jour, car dans ces malheureuxtems les Princes & les Peuples de la Chrétienté avoient la puérile foiblesiède prendre un sensible intérêt, aux décrets souvent contradictoires des con-ciles, aux volontés fort peu stables des Papes, & aux décisions quelquefois gene.ridicules des Cardinaux assemblés. Le régné de Frideric n’avoit encore été I 443 «troublé que par la demande qu’Albert le prodigue son frere lui faisoit d’unnouveau partage: Albert s’adreílà au comte de Cilley, qui lui fournit destroupes à la tête defquelles, il entra dans la Carniole & assiégea Laubech ;les forces que leur opposa l’Empereur coupèrent les vivres h l’ennemi ; lesassiégés se défendirent avec tant de vigueur, que dans une sortie ils le force-

Mésintelli-gence occa-sionnée mA.lemagnepar les di-visions duconcile deBâle q? duPape Hu-

is) Theob. Bell. Plus. U Contin. de Fleuri, Tom. XXII.

Tome XL. S s