Sect. X.Eiít. d’Al-leinngne,1440 1519-
Querelle deFri.lsric lllN d'Albertle p r udigueJou /< etc.
Soins de Fri-deric lllpour Eu-gène.
Querre enSuijUe.2444.
Z22 HISTOIRE DE L'EMPIRE
rent de lever le siégé. Albert manquant d’argent pour soudoyer ses troupes,leur abandonna le butin qu’elles pourroient faire. N’ayant pu en faire dessoldats, il en fit des brigands, & força par la Frideric de conclure un trai-té par lequel il abandonnoit pendant six années h son frere, les revenus desdomaines Autrichiens situés dans la Suabe; en outre pour appailer la fureurdes troupes du Comte de Cilley, & les obliger h évacuer la Carniole, il leurfit distribuer soixante & dix mille écus d’or. A cette petite querelle près Fri-deric eut été fort tranquille, mais ayant après son couronnement indiqué unedicte h Francfort, dans laquelle il n’eut du s’occuper que des affaires de l’Em-pire, les légats d’Eugene & les envoyés du concile ne manquèrent pas des’y rendre les uns & les autres, & y soutinrent avec tant de zele les intérêts-des deux partis, qu’on nomma pour les entendre des commissaires à la têtedefquels étoit l’Empereur:- les uns soutinrent qu’Eugene en fa qualité de Lieu-tenant de Dieu fur la terre, étoit infiniment au dessus non feulement de tousles potentats, mais encore au dessus des conciles; les autres prétendirent queprécisément comme Pape & ayant été nommé par les Cardinaux, d’après l’in-spiration directe ou indirecte du St. Esprit, & les Cardinaux assemblés repré-sentant essentiellement l’Eglise, le Pape étoit tenu d’obéir aux conciles, quin’étoient que l’Eglife aíïèmblée.. D’aiîleurs, ajouraient les envoyés de Bile,puisque le S. Esprit nous a inspiré d’élire Amedée, il est clair qu’il a réprou-vé Eugene, qui n’est plus rien,, depuis que nous Pavons dépossédé de laThiare. Ces raisons étoient pressantes; Frideric ne s’y rendit point, il fit dé-libérer que le concile de Baie seroit transféré, & il envoya ordre dans tou-tes les villes de fa dépendance qu’on eût à reconnoître Eugene comme seul& légitime Pape, & Félix V comme intrus & illégitimement élu (1). Peucontent de ces foins en faveur d’Eugene, l’Empereur Frideric fe rendit àLausanne, dans la vue d’engager Félix V à abdiquer la Papauté. Félix quise doutoit des motifs qui amenoient l’Empereur, & qui connoiffoit son atta-chement aux richesiès, le reçut avec les plus grandes distinctions, & dès lespremiers entretiens lui offrit en mariage fa fille avec une dot de îqoooo écusd’or. Quelque considérable que fut cette offre, elle ne fut point acceptéepar l’Empereur, & après avoir fait lui-même de vains efforts pour engagerFélix h accepter fes propositions, il alla h Bâle, parla fort vivement pourEugene, prit des mesures pour la translation du concile, & s’occupoit si sé-rieusement des affaires de l’Eglise, ou plutôt de la division des deux chefs del’Eglife, qu’il ne faisoit aucune attention à la cruelle guerre que fe faifoientles Suisiès & les Autrichiens.
Nous avons raconté ailleurs la cause & les événemens de cette guerre, àlaquelle Charles VII, Roi de France prit part, & pendant laquelle les Suisses-fignalerent avec tant d’éclat leur valeur (2). Pendant le cours de ces hosti-lités si glorieuses aux Cantons Helvétiques, une révolution inattendue arra-choit des mains du pupille de Frideric le sceptre de Hongrie, nous avonseu occasion de dire il y a quelques momens que le Roi de Pologne avoit gé-néreusement refusé le trône que les Hongrois lui avoient offert, lors de la
(î) Struvius, Perìod. X. Ger. de Roo. Hifl. AuJIr. L. 5. (2) Voyez cette collée-
lie* Tom. 39. Liv. 24. chap. XV. Histoire des Suisses, ScS, V. pag. 177- £?