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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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SltCT. X.

mt. d'Al-lemagne ,1440-1519.

ViUaUe deLadijlas furUs Turcs6f traite dePaix.

Perfidie deLadislas : ilest vaincu£? tué dansU combat.

$14 HISTOIRE DE L’E M P I R E

qu’il restitueroit au Despote de Rascie toutes les Places & tous les Forts qu’illui avoic ravis, & qu’il mettroit les Hongrois en possession de tout le paysqui leur avoic appartenu jadis dans l’Albinie. Ce traité fut signé de part &d’autre pour dix ans, & pour le rendre plus solemnel, Ladislis en jura 1 ob-servation fur l’Evangile & Amurath fur l’Alcoran (1).

Quelque sacré que sut le serment des deux Monarques, Amurath fut plusfidelle à l’Alcoran que le Roi de Hongrie ne le fut à l’Evangile; il viola lâ-chement fa promesse, & son parjure fut d’autant moins étonnant que l’onétoit généralement persuadé qu’il n’avoit remporté la victoire que par la tra-hison de Scanderberg avec lequel il étoit d’intelligence, & qui laifîà battreses troupes : quelle apparence en effet qu’un Général aussi habile que Scan-derberg, n’eût par disputé la victoire à Hunniade & eut cédé aussi facilementà Ladislas, qui jusqu’alors s’étoit peu signalé dans les combats. II y avoit dé-jà longtems que Scanderberg cherchoit l’occasion de rentrer en possession del’Epire dont son pere Caslrio avoit été dépossédé par Amurath, à la cour du-quel fut conduit Scanderberg jeune encore. Enchanté des talens de son pri-sonnier Amurath lui persuada d’embrasser le Mahométisme, lui donna sa con-fiance , & le fils de Castrio dissimula si bien les projets qu’il médicoit, & s’ac-quit tant de gloire dans les diverses expéditions qu’il fit pour les Turcs, qu’A-murath ne balança point à lui donner le commandement de l’armée qu’il en-voyoit contre les Hongrois: c’étoic là l’occasion que Scanderberg attendoicdepuis si longtems; il s’entendit avec Ladislas, laisla battre les Turcs & pro-fitant de la consternation que cette déroute eau soi t à l’Empereur d’Orient, ilenvahit l’Epire & s’en rendit maître, par une ruse que ion génie préparoicdepuis longtems.

Celui qui le premier félicita le fils de Castrio de son invasion fut Ladislas,qui, dès lors fe ligua ouvertement avec les Epirotes, & sous l’infame & fauxprétexte qu’un Souverain Chrétien n’est pas obligé de tenir les engagemensqu’il a pris avec un Monarque sectateur de l’Alcoran, il marcha au méprisde la foi qu’il avoit jurée contre les Ottomans. Le Pape Eugene ne rougitpas de se laisser séduire par les mêmes prétextes ; il envoya vers Ladislas &vers le Vaivode Hunniade, pour les engager de profiter de l’abbatement desTurcs; son légat le Cardinal Julien avoit ordre de calmer leurs scrupules, &s’il leur en restoit quelqu’un au sujet des parjures, de les relever du sermentqu’ils avoient fait ; il en fit dire autant aux Princes Allemands dont la con-science plus timorée ne fe crut pas en fureté. Mais les Bavarois, les Carin-thisns, les Moraves & les Bohémiens, se crurent autorisés à croire que lePape pouvoit permettre de violer un traité solemnellement fait avec un Turc,une partie de ces peuples se rangea sous les drapeaux de Ladislas ; à ces trou-pes dévoient se joindre trente mille hommes que Scanderberg lui envoyoit,mais qui ne les purent joindre. Cependant la perfidie du Roi de Hongrie futpunie, tant il est vrai qu’indépendamment de la Religion, le Ciel fe déclaretoujours tôt ou tard contre les parjures & venge la bonne foi violée. Dèsle premier combat l’armée de Ladislas fut exterminée (2), il resta lui-même

(1) Idem. Ibid. Catlimech. de Reb, Wtadijks L. 7. (2) DuglofiG Hijlor. Palan .

fJJ, 12. Muller, Ej>. 18. b alii.