D* A LLEMAGNE, Liv. XXV. Sect. X. 357
milien fut assuré que le Roi d’Angleterre & Ferdinand ainsi qu’Ifabelle, //^avoient pacifié tous les différens qu’ils a voient avec Louis, il ne balança plus lemagne,à consentir à une trêve de quelques mois,mais il ne fut rien statué dans ce traité I 44o-rji3.concernant le Duché de Milan, (i) Le motif qui faisoit agir si vivement les ~p oiitírMinistres de Louis XII, étoic l’intérêt que le Monarque avoir alors de se recon - dr'iudl ^cilié r avec les alliés les plus redoutables de fes ennemis, afin de n avoir pas Rnì Lmken même tems à combattre contre une trop puiílinte confédération. On cher- x - [l -cha vainement à deviner, pourquoi i’Empereur avoit eu la foibleslè de se dé-tacher de la ligue & de fe réunir avec le Roi de France: pourquoi il aban-donna Ludovic Sforce, qui lui avoit payé des sommes très-considérables,pour le rapprocher de Louis XII, qui ne faisoit pas un secret du deílëin qu'ilavoit formé, de s’emparer du Duché de Milan, auífi-tôc que les circonstancespourroient seconder fes vues.
La conduite de Maximilien en cette occasion, ne pouvoít fe déterminerque par une feule raison, qui même suivant nous ne le justifie guere, d’avoirabandonné Ludovic Sforce, vassal de l'Empire, & dont il ne pouvoic pas fedispenser de défendre les intérêts. Sigismond, frere du dernier Empereur& oncle de Maximilien y venoit de mourir & Sigismond avoit été, commeson frere, le plus indolent, le plus íoíble & le plus irrésolu des hommes.
Par fes inconséquences,, il avoit si fort aliéné les Suisses, que ceux-ci avoienrrésolu de ne plus former d’alliance avec la Maison d’Autriche, qui, bien loinde seconder leur indépendance, paroissoit s’attacher à ruiner leur liberté.
Successeur de Sigismond , Maximilien vouloir absolument contraindre les Can-tons Helvétiques à le reconnoître pour protecteur & pour allié: les Suisses Guerre de írefusèrent de se conformer à ses vues & la crainte d’avoir h soutenir en mêmetems la guerre contre les Cantons combinés & contre la France, engagerentvraisemblablement l’Empereur à conclure avec Louis XII cette trêve, dontla publication surprit si fort la ligue formée en Italie par le Pape, les Vé-nitiens & Ferdinand. Si la réunion de l’Empereur & du Roi de France futhautement condamnée par la plupart des Souverains , elle fut du moins ap-plaudie en Allemagne par la noblesiè,qui ne voyant qu’avec une extrême ja-lousie les Saisies s'ériger en Nation indépendante, s’occupoit des moyensde les faire rentrer fous la domination Impériale. Mais le droit de la libertéagit plus puissamment fur les Suiflès que celui de dominer n'agit fur la maisond’Autriche & sur íes nobles d’Allemagne. Les Cantons décidés à tout risquerpour la conservation de kurs droits fe liguèrent entr’eux , reçurent dansla confédé rationles Grisons, Bâle, Strasbourg, l’Alsace,la Rhétie,& Ludo-vic Sforce, auquel ils promirent des secours: plusieurs villes Impériales accé-dèrent h cette ligue, dont la force étonna les ennemis de la liberté Helvé-tique. Quoiqu’il n’ignorât pas le but de cette formidable alliance , l’Empe-reur dissimula, & feignant de ne pas douter des vues des Cantons, il leur en-voya une lettre remplie de protestations d’amìtié & de propositions éblouis-santes. Les Saisies ne se laiíîèrent point séduire & refusèrent même sous ser-ment de faire aucune alliance avec Maximilien, soit comme Chef de i’Empitesoit comme Duc d’Autriche..
(1) D amont. Corps D ípi’om, p. s. Tom. J.
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