ET A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. X.
recteur, put veiller également sur tous les Cantons qui le composaient. IVIaxi-milienen augmenta le nombre, il suivit à tous égards le plan Je fEmpereur '
Albert: il fit ces changemens avec tant de sagesse & d’h&bilité, eue quelques U401519.
écrivains fans doute mal instruits, l’on t regardé comme I’inítítuteur des Cercles--
d’Allemagne & lui ont donné tout l’honneur de cette division del’Empire, en gmfrRépubliques ou Etats soumis au même chef (i).
L'Empire par les foins & la prudence éclairée du sage Maximilien, goûtort «w, nles douceurs de la paix & jouislbit de tous les avantages qu’un Monarque bon& sensible, procure k des sujets qu’ìl aime à rendre heureux; quand le Roi Louis £
XII,suivi d’une année nombreuse, pafiàles Alpes & alla s'emparer du Duché re,de Milan. Ludovic Sforee épouvanté , s’enfuit & courut chercher un azile au-près de l'Empereur, mais pour soutenir la cause de l’oncle de sa femme,
Maximilien crût ne devoir pas rompre avec le Roi de France & replongerTEmpire dans les horreurs d’une nouvelle guerre: il refusa de lui prêter kssecours qu’il iui demandoit & lui permit seulement d'enrôler à ses frais les sol-dats qui voudroient le servir. Ludovic qui s’attendoic à des plus grands se-cours, prit,ne pouvant mieux faire,environ seize cens archers à fa solde, ob*tint des Cantons Helvétiques fes alliés, une troupe de 8000 hommes & rentradans le Mìlanez,où d’abord il eut des succès qui le flattèrent de i’espoïr d’obliger les François à fe retirer: il fut cruellement détrompé. Sous les mursde. Navarre dont il étoit allé former le íìege , pendant qu’il prefsoit íes assié-gés, l’armée Françoise parut, l’investít l’attaqua, le battit complettemenr &pour comble d’infortune, il tomba au pouvoir du vainqueur, par la trahi-son, dit-on,de quelques officiers Suisses quilelivrerent aux François. Ludovicmalgré fa disgrâce, persuadé de la générosité de Louis XII, crut qu’if ferokuaité en illustre captif, il se trompoic encore, il s’éroic rendu trop odieuxpar fa tyrannie, son inhumanité, fes exactions ; îk fut jeté dans un cachot/où il vécut misérablement pendant cinq années. Ses complots & fes noir-eeurs ne méritoient par un sort plus agréable. Du Lys de Saint George en Ber- as
ri, Ludovic fut transféré dans les prisons du château de Loches où il sb: Sfcrc', utraité encore plus sévèrement, & où malgré les horreurs de fa captivité, il mené & Jsouffrit six ans encore, & où il périt, dit-on, de douleur & de faim. Si ce em
traitement paroissoit contraire au bon cœur de Louis XII, qu’on se rappelle ‘ >r V on *que Ludovic Sforee fut le plus méchant des hommes; non seulement il avoittrompé ce Roi & tous ceux qui avoient traité avec lui, mais encore il a-voit une si-grande haine pour les François qu’il en faisoit égorger secrètementautant qu’on pouvoit en découvrir. II donnoit un ducat pour chaque Françoiségorgé dans les hoteleries;& lorsque Louis XII fut maître du Milanez, il £tmétré le feu à ces hoteleries, & brûler leurs hôtes avec elles.
Cependant Louis XII paisible poflèsseur du Duché de Milan, ne perdit:point de vue le Royaume de Naples fur lequel il avoit des prétentions & dontil méditoit la conquête. De concert avec l’Êfpagne, il fit tous les prépara-tifs de cette expédition, fit partir une puissante armée fous îës ordres de d’Au-bigoi, & miten mer’ une flotte nombreuse qu’il confia à Philippe de Cleves. Ce^deux Chefs , se rendant en même tems aux frontières da Royaume de Naples^
(jt) G'erh. Roo. Hissi Aussi Dùmoct, CorpiDigio:», L, 3. p. 45.-