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HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect. X.Hiit. d’Al-lemagne,144.0-1519.
Léo- 1 X luisuccédé.
1514-1517.
L'igus cmuttc le Roide Francs.
qu’il s’écoic fi fore attaché à troubler pendant son Pontificat. Léon X futson fueeeifeur, & il commença par faire chérir & respecter fes vues de paix& de conciliation. On étoit alors bien éloigné de prévoir que le Pontificatde Léon X, qui paroiíîòit si paisible & fi doux, feroit un tems d'orages bienfuneste à l’Rglise. Animé, du moins en apparence dans ces beaux commen-ceinens, du désir de réunir tous les Princes de l’Europe Chrétienne, il fedonna, pour faire réussir fes beaux projets, les plus grands mouvemens; iloffrit aux uns & aux autres fes médiations; mais les démêlés qui divifoienc lesPuissances étoient trop considérables & trop envenimés, pour qu’on put (eflatter de les réconcilier. Aussi le Pape Léon X désespérant d’engager paríés pieuses exortations les Princes à fe réunir, prit le parti de profiter de leurscontestations & de tirer les avantagés qu’il pourroit de la mésintelligence quidivifoit les nations: il adopta, dans toutes fes parties, le plan formé par Julesson prédécesseur. Léon X étoit en effet trop éclairé pour ignorer que le8 r. biegene s’étoit aggrandi & n’avoit formé fa puissance qu’à la faveur destroubles survenus chez les différeras peuples de la chrétienté, & que la con-stante maxime du St Siégé, comme celle des anciens Romains, avoit été desusciter ces discordes, & de préparer des révolutions afin de mieux cimenterson pouvoir. La nouvelle conduite du Pape Léon X donna des violons soup-çons h Louis XII, il démêla les vues du Souverain Pontife, & celui-ci com-me s il eut voulu justifier la sagacité du Monarque François, fe ligua contrelui avec les Rois d’Angleterre, d’Arragon & le Chef de l’Empire. (1 )
Par le traité de confédération que Léon X conclut avec les trois Monar-ques , il fut convenu qu’un an après que le traité feroit signé, chacun desSouverains ligués attaquerait la France, & que le Pape porterait la guerre enProvence & en Dauphiné, que l’Empereur feroit en même tems une incur-sion en Bourgogne, & que tandis que le Roi d’Angleterre attaquerait ou laGuyenne ou le Languedoc, le Roi d’Arragon pénétrerait dans le Bearn : dureste les alliés convinrent que pour subvenir aux fraix de la guerre, le Roid’Angleterre payerait 100,000 écus d’or à l’Empereur, qui ratifierait la liguedans un mois, au-lieu que le Roi d’Arragon & le Pape ne la ratifieraientque dans deux : que quand même les deux Souverains ne la ratifieraientpas, les engagemens stipulés entre Henri VIII & le Chef de l’Empire, nesubsisteraient pas moins dans toute leur intégrité. Henri VIII persuadé quecette confédération étoit réellement formée contre le Roi de France, étoitbien éloigné de penser que c’étoit lui-même que fes prétendus alliés vou-1 oient jouer. Le dernier cas prévu par le traité ne manqua pas d’arriver.Ferdinand, le véritable auteur de cette négociation, désavoua fes Ambas-sadeurs, Léon X refusa de ratifier, & Maximilien, qui avoit reçu du Roid’Angleterre de très-fortes sommes d’argent, allégua mille prétextes, & mon-tra la plus grande lenteur à remplir ses engagemens. Le but que Ferdinands’étoit proposé, en formant le plan de cette confédération, avoit été d’enga-ger le Roi d’Angleterre dans de si énormes dépenses qu’il fùt totalementhors d’état de fe liguer contre Louis XII, & Henri VIII étoit encore tropjeune & avoit trop peu d’expérience pour démêler & éviter ce piège. (2)
(1) Rimer. Act. Publ. T. 13.
(2) Guichmdin. Lív. 12.