D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sbct. X. g^i
Nous avons vu dans un autre endroit de cette Histoire, comment la sage poli-tique de Louis XII, parvint à dissiper l'orage qui le menaçoit de tous côtés (i). lemagne 'Depuis longtems on se plaignoit en Allemagne, ainsi que dans tous les 1440-15«
Etats de la chrétienté , de l’extrême avidité de la cour de Rome, de fes --
exactions, dts mœurs peu régulières du clergé, de la simonie exercée pu-pliquement par le Sc. Siégé & de mille autres abus. Wiclef, Jean Hus &
Jérôme de Prague a voient indisposé les esprits contre Rome. Un homme Commence-pius hardi, parut alors & acheva la révolution que tant de circonstances a- fj 1ls D l e ^ rivoient préparée. Cet homme étoit Luther, Moine Augustin, que Rome ne ^ Ltukerï*ménagea point assez & qui pourtant a détaché de Rome la moitié de l'Eu-rope. Le Pape Léon X lui fournit lui - même l’occasion d’éclater. On faitqu’avec des talens supérieurs & un goût décidé pour les beaux arcs, Léon Xétoic de la plus grande ostentation: pour fournir à fa magnificence, il prodi-gua l’or & l'argent ; il n’épargnoic rien pour monter & élever ses proches ;fa sœur Olimpia lui demandoic sans cesse & fa cupidité n’écoic jamais assouvie.
I! avoic épuisé les trésors que son prédécesseur avoit rassemblés & qu’il desti*nôit aux travaux commencés de l'Eglife de St. Pierre; ce superbe édifice dé-voie être le plus bel ornement de Rome : Léon X voulut avoir la gloire definir cette majestueuse Eglise, du moins d’en poursuivre le bâtiment, & com-me ses finances étoient épuisées, il publia des indulgences pour quiconquevoudroit contribuer aux dépenses qu’exigeoit cet édifice, & aune croisade con-tre le Turc: le Pape malheureusement chargea l'Archevêque Albert, ElçcteurdeMayence du soin de faire publier ces indulgences en Allemagne, & de re-cevoir les fonds qu’elles produiroient. Soit qu’Albert fut trop occupé, soit qu’ilcrut cette commission trop au dessous de fa dignité, i! la confia aux Domini-cains: ceux-ci se mirent h prêcher la vertu des indulgences» ramasserontbeaucoup d’argent & le consommèrent en débauches: mais leur vie scanda-leuse , leurs sermons fanatiques & le très-condamnable usage qu’ils firentces deniers qu’ils retiroient des imbécilles, les rendiunt odieux. Jusqu’alorsles Augustins avoient rempli ces sortes de commissions & ils s’en étoient acquitésavec plus de décence, du moins extérieurement: irrités de la préférence don-née aux Dominicains, ils s’éleverent contre la fanatique doctrine de ccs Re-ligieux, relative aux indulgences. Martin Luther, Augustin encore plushardi que fes confrères, parla non - seulement contre les Dominicains, maiscontre les indulgences mêmes (a). La guerre qui s’étoit élevée entre ces deuxordres de Moines, s’enslamma. La cour de Rome prit fort imprudemment leparti des Dominicains ; Luther n'en devint que plus irrité, & Rome, ou sonChef, ne fut point épargné dans ses sermons. Maximilien aussi impru-dent que le Souverain Pontife, convoqua une diete h Augsbourg: son butprincipal étoit d’engager les Electeurs à nommer l’un de fes petits-fils. sonsuccesseur à l'Empire; mais le prétexte de certe convocation étoit de pactiserla querelle qui s’étoit élevée entre les Dominicains & les Augustins. Sonpremier destein ne réussit pas & fa demande en faveur d’un de fes petits-filsfut rejetée même assez durement. On en vint au sujet de la querelle con-
(t) Voyez notre Hist. de France, L. XXIII. Sect VIII, Tom. XXXI. pag. la&saiv.
(î; Sìeid. Lib. 1. Comment. Cochlte. Descript. Luth.
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