Buch 
40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
Seite
372
JPEG-Download
 

Sect. X.Mst. d’Al-leïnngae,144° i5‘9-

]Mari deMaximilien1519.

Et fan Car aster c.

S7 i HISTOIRE DE L’EMPIRE

cernant les indulgences, & Luther fut sommé de venir se justifier ou ré-tracter ses dénonciations, il parut, non d’un air timide & soumis, maiabouillant de zele : la présence du chef de TEmpire & des Electeurs ,ni celle du Cardinal Cajetan, Légat du Pape, ne le déconcerta pas, iîrefusa obstinément de rétracter ses accusations ou les écrits; preste très-vi-vement & menacé par le Légat du Pape, il eut recours au stratagème, &dit, mais fans se rétracter, qu’il vouloir bien soumettre sa doctrine au juge-ment de l’Eglise. Dès Tannée suivante Martin Luther, comme s'il se futrepenti de cette apparence de douceur, fit afficher dans Augsbourg unedéclaration par laquelle il appelloit du Légat Cajetan au Pape, & prit eumême tems la fuite ; quelques jours après il répandit un écrit dans lequel ildéclarait que le Pape n’étoit pas plus infaillible que son Légat, & celui-cique les Dominicains; & il en appelloit de la décision du Pape à celle d’unConcile général.

Cependant Mnximilien très-affligé de n’avoir pû assurer l'Empire dans faMaison, mit fin à la diete: il soustrait depuis quelques jours d’une fievre len-te qui le minoit. Croyant que le changement d’aìr lui serait plus favorable, ilse fit transporter à Wels, dont le séjour ne lui fut pas plus salutaire, il y lan-guit encore quelques jours & y mourut le 12 e de Février 1519. Les faitsque nous avons rapportés développent suffisamment, ce nous semble, lecaractère de Maximilien. 11 [y aurait de Tinjustice à lui refuser quelquesbonnes qualités, il fut doux, fans ambition, sensible àl'amidé, mais il n’a-voitdans lame aucune sorte de fermeté, le caprice guida ses démarches bienplus que ses réflexions ; timide dans Tadversité, il étoit rusé , faux mêmepour peu que la fortune le seconda, il ne faisoit nulle difficulté de manquerà ses engagernens, ou pour les éluder de les interpréter suivant ses intérêts;quoique avare il étoit des circonstances où on Teût pris pour le plus pro-digue des hommes. Nous avons dit avec quelle valeur il s’illustra dans lapremiere année de son régné ; mais aussi ce ne fut qu'alors qu’il se couvritde gloire, il entreprit ensuite bien des guerres, mais, presque toujours trompépar ses généraux, il fit tout aux dépens de ses alliés & avec leurs troupes ;on le trompoit fort aisément, & quoiqu’il reconnut qu’on avoit abusé de sacrédulité, ceux qui l’avoient trompé une fois, étoient assurés de le tromper auslìsouvent qu’ils le jugeraient h propos. D u reste on assure que Maximilien futun Prince éclairé, qu’il protégea les sciences & les arts, enfin qu’il cultiva leslettres lui même,& à ce sujet on cite deux de ses ouvrages. Dans Tun fousle titre du Sage Roi 1 , il écrivit l’histoìre de fa vie, & celle de Frideric IIIson pere, mais il est assez difficile de comprendre comment la vie de Fride-ric & celle de Maximilien pourraient servir de modeîe à un Roi sage. L’au-tre ouvrage roule sur les fortifications des places , & sur les évolutions militai-res, mais il ne s’agit point ici de juger Maximilien comme auteur, & nousne pouvons nous dissimuler que s'il fut bon pere de famille, bon Prince, i!fut très-foible chef de l’Empire. De Marie, Duchesse de Bourgogne son E-pouse Maximilien eut deux fils, François qui mourut en bas âge, & Philippe,tige des deux branches de la Maison d’Autriche, établies Tune en Espagne& Tautre dans l’Empire ; de Blanche Sforce , qu’il épousa par avarice