D’ALLEMAGNE, Liv. XXV. Sect. X. 373
en seconde Nôces & qui mourut en 15 n . Maximilien n’euc point d’En-fans. (1)
(1) Comme les disputes de Religion influèrent besucoupfur îesévenemensdurtfa Siécle»ous avons cru devoir en tracer ici une esquisse légjre d'après un Ecrivain moderne. Cefut fous le régné de Maximilien que coinmencereat à se développer, sans qu’il y con-tribuât, ces disputes de la Religion qui agiter eut s. violemment celui de son successeur,& qui lui donnèrent tant d'éclat. Le renouvellement des lettres, !a multiplicité des li.vres .occasionnée par l’Imprimerie, avoient produit, non pas précisément l'amourdes dis-putes, qui est commun à l’ignorance , comme à h science, mais l’envie de tout exa-miner, de tout approfondir, de tout juger par la raison. Wiclef, Jean Mus, Jérôme dePrague s’étoient distingués par cette hardiesse; ils r voient laisië des partisans, qui fousle nom de Hussites s’étoient rendus redoutables à leurs souverains & plus encore auxministres de la Religion Catholique. Ces Huíîîtes s’ctoient divisés en plusieurs associa-tions , comme il arrive à toutes ses sectes ; ils avoient pris les noms de Taborites, d’Or-phelins, de Calixtains. Ces noms étoient ridicules; mais la bravoure de ceux qui lesportoient & leurs victoires les rendoíent respectables; tous étoient réunis dans leuranimosité contre la cour de Rome & les défenseurs d’un culte qui leur paroisse!t vomirdes flammes; mais fur les autres points, il s’en salle!t beaucoup qu’ils fussent d’accord.
Les Taborites avoient été presque exterminés par un Roi à qui ils faisoient ombrage;leurs restes se ranimèrent sous la conduite d’un cordonnier qui les prêcha, les arma,& leur fit à la fois un plan de doctrine & de défense, il leur donna le nom de Freres de Bohê-me. Ce nouvel apôtre eut des successeurs non moins adroits. Pour augmenter leur pouvoir,ils amenerent une rupture entre les freres & le grand corps des Huíîîtes, nommés Ca-lixtains, parce que leur principale prétention étoi: d’exiger ["administration du Calicepour la validité de la communion ; les sectateurs du cordelier alloient plus loin ; ilsrejetoient plusieurs sacremens ; ils recevoient la présence réelle ; mais condamnoientd’adorer l’Eucharislíe, parce que, disoient-ils, J. C. ne doit être adoré que dans leCiel, à la droite de son pere: ils ne vouloient ni célibat, ni jeunes, ni prières pourles morts , ni prêtres'spécialement consacrés. Cependant ils conservoient la Messe;mais ils la disoient avec du pain levé & presque sans autre prière que l'oraison dominicale.Les Calixtains savoient que le Roi Ladislas. paneboit pour eux; ils lui déférèrent lesfreres de Bohême. Ceux-ci ne se sentoient pas encore appuyés suffisamment; ils tâche-ront d’éblouir la Cour par une profession de foi spécieuse qui paroissoit assez confor-me au dogme Catholique, mais ils ne réussirent point. Ladislas promulga contre euxdes édits séveres. Le mécontentement qui en fui le fruit troubla son régné & prépa-ra des partisans zélés à Luther, quand on le vit soutenir à peu près les mêmes opinionsauxquelles les freres de Bohême étoient attachés. L’envíe de disputer étoit si généraleainsi que le partage des opinions, qu’elle s’étendoit même en d’autres pays où l’onne songeoit point à attaquer le dogme. On avoir vu les Catholiques se diviser à Cologne& enfin dans toute l’Ailemagne , au sujet de quelques livres des suifs , efpece deRomans absurdes enfantés par le délire des Rabbins & très-indissértns à la Religion.
Un homme, célébré alors par son érudition, nommé Jean Reuclin s’en étoit déclaréprotecteur, peut-être pour prouver qu’il entendoit l’Hébreu. Reuclin avoir été em-ployé dans des affaires importantes : comme savant & comme ministre il avoir des ja-loux & des ennemis. Un dominicain de Cologne, Inquisiteur, imagina nour-le morti-fier; de faire brûler les livres qu’il approuvoit. Un Juif apostat, dans ]!e dessein defaire fa cour au Jacobin, écrivit contre les livres de fa nation ; il en fit un. intitulé leMiroir manuel, pour prouver q tison avoir raison de les condamner au feu. Reuclin ré-pondit par un Miroir oculaire où il soutint la proposition opposée. L’inquisiteur pronon-ça contre l’ouvrage du protecteur la même peine que contre les protégés, & le fitinsulter de nouveau dans un autre libelleappellé le Tocsin. Tous ces ridicules écrits étoientdignes du fond de la querelle, & pour comble de puérilité on employoit autant d’intrigues& de manoeuvres que s’il s'étoi t agi du fond même de la Religion: le procès fut in-struit en cérémonie en cour de Rome : ia faculté de Théologie de Paris rendit des dé-crets avec appareil, & tout ce fracas aboutit à ne rien décider. Reuclin cessa de défen-dre les livres des Juifs quand il crue n’en avoir plus besoin pour sa gloire; & commeil mourut peu après dans la misere, on cessa aussi de les brûler. Ces petites dissen-sions soutenues de part êc d’autre avec tant de chaleur animoient les esprits; elles ka
Ail2 3.
Hisl'.d'M.
lemagne,
1140-1 s 19,