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HISTOIRE DE L’E M P I R E
SECTION XI.
Histoire d 1 Allemagne y depuis la mort de Maximilien I, en 1519, jusques àl'abdication de Charles-Otûnt , en 1519-1558.
Sect. XI.JHH. d’Al-lemagne,ISI9TS58-
Année 151c.Concurrence(le CharlesRA d’Espa-pnt & deFrançois J,Roi deFrance.
A près ía mort de Maximilien il y eut un interrègne de quelques mois, pendantlesquels les Electeurs de Saxe & du Palatinat prirent selon l’usage, lesrênes du Gouvernement, en qualité de Vicaires de l’Empire. L’ArchiducCharles, qui s’étoit déjà mis en poflèífion fans obstacle de st s Royaumesd'Espagne, & qui avoit tenté de se faire élire Roi des Romains du vivant dufeu Empereur, tourna tous ses regards vers la couronne Impériale ; mais iltrouva un concurrent redoutable dans le Roi de France, François I. E'ambitionde ce Prince, qui n’avoit alors que vingt-fept ans, ses succès à' la guerre, soncaractère haut, fier & courageux l'aveuglerent fur une entreprise qui ne pou-voit guere se concilier avec sa propre tranquillité & le bonheur de ses peu-ples: chacun avoit ses partisans & ses ressources, mais celles de Charles pa-roissoient bien plus fécondes, soit par ses grandes possessions en Allemagne,soit par le s relations particulières qu’il s’y étoit ménagées de longue main, soitpar le zele& l’habileté de ses agens. Ces Princes couvroient l’un & l’autreleurs prétentions du voile du bien public, & fous prétexte de maintenir la li-berté du Corps Germanique, parurent d’abord ne vouloir employer que lavoye des négociations: heureux s’ils s’en étoient tenus à des dispositions auffihonnêtes 1
Les Puissances voisines de TEmpìre jouissaient depuis quelque tems ou dumoins avòient paru jouir des douceurs de la paix. Le Pape Léon X. qui n’as-piroit qu’à étendre fa puissance temporelle, suivant les circonstances, tour-noit toute son adresse à faire échouer les deux prétendans ; il agissoit en se-cret, de crainte de se faire des ennemis trop dangereux, s’il eut fait con-noître ses véritables dispositions. II craignoic également Charles, maître duRoyaume de Naples, & François I, comme Duc de Milan. Les allarmesdu Roi d’Angleterre étoient calmées fur les conquêtes des François en Italie.La Cour de France étoit au comble de ses vœux, par la naissance d’un Prìn-qui devoir remplir les espérances de la nation. L'Espagne commençoit
ce,
Intriguesde François
L
à respirer sous le régné de son nouveau maître : lorsque les intrigues des deuxafpirans au trône Impérial, vinrent troubler un calme si nécessaire au bon-heur des Peuples.
François I ne se dissimula pas toutes les difficultés qu’il auroit à vaincrepour parvenir à l’Empire ; il sentoit bien que si les Rois de Hongrie, de Bo-
difposoient à discuter, noa moins vivement des objets plus importans; & dès que Lu-ther parut décidé à livrer à l’Eglise Romaine des attaques sérieuses, il trouva des par-tilans ardens & prêts à seconde: ses efforts. On a vu ses coromencemens fous le rtgnede Maximilien; il n’avoit fait encore que s’annoncer: ce suc fous son successeur qu’ilse montra à découvert, & que sa doctrine prit des racines fi profondes, qu’il y a ap-parence quelle se soutiendra, du moins autant q ue le Catholicisme, V. Llnguet. Hiíì.Uuiv. du XVI. siede.