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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XI. 575

hême & de Pologne, se déclaraient contre lui, ils donneraient une grandeprépondérance h son rival. II résolut donc d’obcenir de ces Princes, uneneutralité absolue. II envoya en Pologne pour représenter & exagererméme au Roi, les griefs qu’il pouvoir avoir contre la maison cTAucrLhe.(1.) Mais, ni Sigismond , (2) qui régnoit alors en Pologne, ni Louis sonneveu , Roi de Hongrie & de Bohême, ne parurent fort touchés de lés re-présentations. (3) Les Hongrois sor - tout qui dans ce moment se trou voientépuisés par les guerres qu’ils avoient soutenues contre les Turcs, craignirentde se brouiller avec la maison d’Autriche & de troubler une paix qui leurdonnoit le tems de réparer leurs forces. Toutes ces Puissances annoncè-rent clairement qu’elles n’étoient nullement disposées à traverser sélection deCharles h l’Empire. François I, mettant en œuvre toutes les ressources del’intrigue , n'eu t pas honte de s’adreíser aux Suiíïès qu’il venoit d’humfflier; il députa vers eux, leur fit tout promettre, mais les Suisses plus fiers &plus grands dans cette occasion que leur vainqueur , déclarèrent qu’ilsavoient promis par le dernier traité conclu avec la France, de ne point semêler des affaires de l’Empire. Us firent même plus, car ils écrivirent bien-tôt après au college Electoral, pour le supplier d’exclure François I, pourpeu qu’on eut ìx cœur de conserver la liberté du Corps Germanique. (4) LePape Léon X. dépêcha Robert Ursin, Evêque de Reggioà Francfort, pourse concerter en apparence avec le Ministre du Roi très-chrétien, mais avecordre en même tems de n’agir que suivant les dispositions du College Electo-ral. Ce Çrélat qui ai moi t naturellement les François, travailla au contraireà attirer au parti de François I, l’Electeur de Brandebourg, qui devoir mê-me entraîner le suffrage de l’Archevêque de Mayence : avec ce nouvel ap-pui , ce Monarque conçut les plus belles espérances. U se croyoit aísoré del’Electeur de Trêves. 11 avoir envoyé à son Ministre Bonnivel, l'argent né-cessaire (5) pour acheter une quatrième voix ; il ne lui manquoic donc rienpour obtenir l’Empire.

m. d’Aî-

Inn pne,i5'y-‘558.

(j) Eberhard, Collecta Script de electio. Car. V.

(2) Sigismond avoit succédé à Alexandre son frere, à l’âge de 40 ana. La Pologneavoit beaucoup perdu de sa puissance , de sa gloire 6c de son ancien éclat. Sigis-mond avoit toutes les grandes qualités qui étoient nécessaires pour rendre à un Royaumeson premier lustre. 1 ! étoit reconnu pour un Prince rempli de courage 6c de valeur& d’une sagesse consommée : on .raconte de lui des prodiges de force.

(3) Ladiflas, Roi de Hongrie, avoit fait en 1515, un traité par lequel, au défautd’hoirs mâles, Anne fa fille, promise à Charles d’Autriche succéderait aux Royaumes deHongrie & de Bohême ; ce qui privait le Roi de Pologne & fes enfans de pouvoir suc-céder à ces deux couronnes. François I octroi t de faire casser ce traité , lì ce Princevauloit venir à son secours. Voy. Mansen in vit. Car. F.

(4) Quoique ces Peuples eussent désiré de voir monter au trône impérial, un Princedont les domaines fussent moins étendus, alors cependant leur haine pourja nation Fran-çoise ks détermina à donner h préférence au Roi d’Efpagne, & à traverser les préten-tions de François I. Voy. Sabimts. Les Vénitiens au contraire voyaient clairement qu’ilseroic de leur intérêt de s’oppofer aux succès des deux concurrcns ; mais leur jalousiecontre la Maison d’Autriche, donc le voisinage & l’ambitien avoient été si funestes à lagrandeur de leur République, les décida à fe déclarer en faveur du Roi de France.

(5) Comme la ressource prompte ct commode de luire passer de Fargentpar des lettresde change étoit peu connue alors (iziq), les Ambassadeurs de France voyageaient avecune fuite de chevaux, chargés d’or. Appareil de corruption peu honorable au Prince àqui il appaitenoit, & honteux pour ceux s qui il étoit destiné. Vtrj. lu mémmm <it