Z86 HISTOIRE DE L’EMPlRE
Sect. XI. de maux, & ce fut le premier objet, dont s’occupa, fous les auspices deìiHt. d’tvû Charles V, la Diete assemblée à Worms le 6 Janvier 1521 (1). Cefcmagne, p r ince sentit la nécessité de rendre h ce Conseil fa premiere vigueur, & il1 519-1558 1 renouvella tous les règlements faits à cet égard en 1495. Ensuite la diete de" Worms approuva le statut héréditaire de la maison deSolms, qui établislòit
la possession indivise & commune des domaines de cette famille, & l’ex-Jffainde clusion des filles, tant qu’il y auroit des mâles. Les Etats s’engagerent ïLunebourg maintenir les Electeurs dans leurs privilèges, quel que fût la Puissance étran-%umwic g ere C 1 U1 voudroit y porter atteinte. La sanglante querelle qui duroit depuisrunsw C. q Ue jq ues innées entre Henri de Lunebourg & l’Evêque de Hildesheim d’unepart, & Eric de Brunswic & l’Evêque de Minden de l’autre, attira encoreles regards de la diete: on cita les parties belligérantes, on les somma d’ex-poser leurs droits & leurs plaintes : mais ces Princes, n’ayant point com-paru , on lança contr’eux un ban Impérial ; cependant ce différend ne futterminé que Patinée suivante (a), par la médiation de l’Archevêque de Co-logne, & du Duc de Saxe. Les conquêtes n’ayant point été restituées parie traité, PEvêque de Hildesheim qui perdoit une partie de ses domaines,en porta ses plaintes à la Cour de Rome, qui tonna en vain contre les usur-pateurs.
Mais cette Cour fut encore moins indignée de leur résistance, que de lafacilité avec laquelle on admit Luther dans la diete, il étoit muni d’un sauf-lutherta c0nt * uic PLmpereur. Cet homme qui mettoit f Allemagne en feu avecrUt dan/ia âes arguments, entra dans Worms accompagné de huit Cavaliers, & fadiete ds présence fit plus de sensation, que celle de Charles lui-même; on lui
Worms. demanda s’il étoit PAuteur des écrits publiés fous son nom , & s’il étoit
résolu de soutenir, ou de condamner la doctrine qu’ils renfermoient? il nebalança point, fur le premier article; quand au second, sa réponse sut plusanbigue: après avoir dit qu’il soutiendroit la doctrine développée dans sespremiers écrits, où il s’élevoit contre le despotisme du Pape, il désavouales injures semées avec profusion dans ses répliques aux Ultramontains (3).II offrit ensuite de disputer sur les principaux dogmes, protestant qu’il n’é-toit point opiniâtre, & qu’il jetterait lui-même ses livres au feu si onpouvoit le convaincre d’erreur. Les Electeurs ne voulurent d’abord êtreni champions, ni juges de cette lutte théoiogique. On refusa d’entendreLuther, comme autrefois Louis IX refusoit le combat aux Seigneurs, quivouloient vuider leurs différends par Pépée; on se contenta de lui dire queses écrits étoient erronés, puisqu’ils étoient contraires à la croyance de PE-glise. Quelques Seigneurs proposèrent de Parrêter malgré son sauf - conduit.Cette perfidie fit horreur au reste de Paísemblée, & ne servit qu’à rendreLuther plus intéreíìânt: ce fut peut-être ce qui contribua le plus à lui fai-re accorder la conférence qu’on lui avoir réfutée. II parla , & s’il semontra fort incertain dans ses discours, il fût très-opiniâtre dans ses senti-ments; il partit enfin (4), mais PElecteur de Saxe, craignant que l’impru-dence de son enthousiasme ne le livrât h ses ennemis lorsque le ban serait
(1) RxeJ]us Lnperii. p. 149. fa) Lunig. sîrchiv. P. Spec. T. IV. p. 44-46.
(3) Peir. Martyr. Sektnd. 1 .1. seíc. MLVJ. (4) PalLvic. I. 1.