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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI. z^î'

l’Archevêque & son clergé étoient les seuls objets de fa haine; mais on se

souvenoit du sort de Saint Wandel , on n’écouta ni ses menaces, ní ses Itmagne .

promeíTes; après avoir livré plusieurs assauts, il leva le siégé, & suivit les a519*155#.bords de la Moselle. II étoit temps qu’il fit fa retraite. Louis, Comte Pala- 'tin du Rhin, & Philippe Prince de Hesse accouroient au secours de l’Elec-teur. Bientôt le fort des armes changea; Jean de Sickingen,fils de Francis-que fut contraint d’abandonner Saint Wandel , & alla rejoindre son pere.Cronenbourg, où étoit l’Arsenal des rebelles, ouvrit ses portes à PEìecteur.

Albert, Electeur de Mayence fut condamné h lui payer vingt cinq mille du-cats , pour avoir favorisé la révolte de Francisque : enfin ce chef & fes offi- p in dt la

ciers, assiégés dans Neustadt furent contraints de fe rendre à discrétion. Telle révolte de

fut la fin de cette guerre, peu considérable, si l'on ne fait attention qu’à fa Sickingen.durée, mais très - désastreuse pour le pays qui en fut le théâtre. (1)

Cependant on s’occupoit à Rome des plaintes trop légitimes du corps Ger- *524.manique : elles avoient deux objets, les abus qui s’étoient introduits dans leclergé Romain, & ceux qui s’étoient glisses dans le clergé Allemand. On crutà Rome qu’en réformant ces derniers, on fe dispenseroit de réformer lesautres. Ce fut dans cette vue , que le Pape envoya à Nuremberg LaurentCampege, Cardinal de Saint Anastafe, en qualité de Légat. Ce prélat dé-clara, que, quant au clergé Romain, il n’appartenoit qu’au Pape d’y toucher;mais qu’il alloit réformer celui d’Allemagne. Comme son pian ne regardoitque le clergé du second ordre, & qu’il laisiòit aux prélats les prérogativesqu’ils avoient usurpées, & l'usage tyrannique de leur puissance, les Princesle rejîtcrent, & demanderent la convocation d’un Concile (2). On promitd’enjoindre aux magistrats de veillera ce que PEvangile fut prêché dans tou-te fa pureté ; mais le Légat prétendit , que ce n’étoít point à des Laïcs à•rien ordonner fur la foi. Malgré ces contradictions réciproques, l’ArchiducFerdinand , les deux Ducs de Bavière, l'Archevêque de Sahzmurg , lesEvêques de Trente & de Ratisbonne, & les députés de neuf autres Evêquesfirent publier de nouveau l’édit de Worms dans leurs Etats, le firent exécu-ter dans toute fa rigueur, & rappelèrent ceux de leurs sujets, qui étudioientdans l’Univeríité de Wittemberg, où la manie des nouvelles opinions deve-noit épidémique. Le Légat crut dès cet instant qu’il pouvoìt publier sonplan de réforme; il le fit, mais il trouva presque autant de censeurs que departisans.

L’Empereur (3) blâma hautement la conduite de la Diete. Ce n’étoitpas qu’en secret ce Monarque impérieux applaudit au ton despotique, que leLégat avoit pris dans l’Empire, mais il craignoit que le Pape, qui voyoit L’Empe -les forces des François & celles de l’Empire à-peu - près égales en Italie, ne * eur t c [ lt ^fit pancher la balance en faveur de ses ennemis : l’indignation qu’il fit paraître c ^ t \ e a 'p’.contre ceux qui avoient voté pour un Concile , étoit plus íìncere ; st pré te n- p t U en estdoit que lui seul pouvoit le demander & l’obtenir. La promesse qu’avoient ànàr.e.faite les Electeurs de s’afíèinbler à Spire, l’aigrit encore davantage; il mena-ça de meure au ban de l’Empire tous ceux qui s’y rendraient, ou par eex-mêmes, ou par députés. Malgré cette menace, on vit arriver à Spire quel-

(1) Brouwer, Tom. II. p. 34e. ( 2 ) Palaviein, Lib. 2. (3) Slehlan. L. 4.