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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Sect. XI.

Hijl d' AI.

lémagne.

15I9-«5SS-

1525 -Françeis Ifait prison-nier.

SiSte dtsAnabaptis-tes.

CaraBeresdìff-.remsde Storch6? de Lu.thtr.

Z92 HISTOIRE DE L’EMPIRE

ques Princes & quelques Ministres: ils voulurent travailler a un corps de doc-trine ; mais l’ouvrage fut abandonné avant même d’être commencé : ce pro-cédé ne gagna point le Pape, & le fier Charles-quint essuia Phumiliation dele voir abandonné dans la guerre, par le Pontife auquel il avoit sacrifié lesopérations de la Dicte de Nuremberg. (1) Le Pape déclara, qu’il resteroitsimple spectateur de la guerre d’Italie : cette neutralité n’étoit pas le parti leplus sage, & le repos de l’Italie dépendoit de la ruine ou de la supérioritéde l’un ou l’autre parti: il le sentit peu de temps après & conclut un traitéavec François I, qui par une héroïque imprudence , perdit la bataille dePavie & la liberté : il est probable que si le Pape avoit prévu cet évenementil auroit embrassé le parti contraire. TandL que le héros François couvertde gloire , & chargé de fers alloit dans fa prison méditer sur les dangers d’u*ne valeur trop impétueuse, tandis que le Roi d’Angleterre fe détachoit desintérêts de Charles V, une nouvelle Doctrine venoit d’éclore en Allemagne :quelques esprits factieux, las d’être prosélites, voulurent devenir Chefs desecte. Ils prétendirent qu’un baptême donné à un enfant, qui n’a ni raison,ni liberté, ne suffiíòit pas, & qu’il falloit le laver de nouveau loríqu’ilcommençoit jouir de l’une & de l’autre; on les nomma Anabaptistes. Leursystème étoit une conséquence des principes de Luther : nouveaux embarraspour la Dicte, nouvelles ailarmes pour la cour de Rome.

Quelques années auparavant on avoit vu paroître le livre fameux de laliberté chrétienne. C’étoit dans cet ouvrage, que les sectes modernes pui-foient '( a ) cet esprit decaballe & d’indépendance, qui les animoit contre lezPrinces & les magistrats: il fe trouva cependant des magistrats & des Princes,qui protégèrent le livre & l’Auteur ; tant l’amour des nouveautés aveugleles hommes fur leurs véritables intérêts. C’étoit Luther, qui avoit posé lesprincipes, dont ce livre étoit rempli; Nicolas Pelargus ou Scorch, son disci-ple en tira des conséquences plus fortes encore. Le caractère de ce proséliteformoit un contraste frappant avec celui de son maître. Luther altier, fou-gueux, despote, sophiste, .ne vouloir que régner & convaincre: Storch necherchoit qu’à persuader; le premier vomiíloit des injures, lorsque les raisonslui manquoient, le second, au défaut de raisons, employoit les louanges dé-licates, les careílès, & les prodiguoit même à ses adversaires. L’un avoitporté dans le monde le vice le plus ordinaire dans le Cloître , l’amour duvin & de la bonne chere; 6 c en quittant l’habit de moine, il n’en avoit pointquitté les mœurs: l’autre vivoit avec toute la décence & la retenue d'un phi-losophe; mais, s’il faut sonder ces deux cœurs, & les juger par leurs actions,on verra que Storch avoit plus d’ambition, plus d’animoíité que Luther, maisqu’i! savoit mieux dissimuler. De disciple, il devint chef de serti; & bien-tôt il compta lui-même au nombre de ses sectaires (3) , & Muntzer, ter-rible dans la guerre, & Melanchron , redoutable dans la dispute ; l’un faitpour combattre, l’autre pour enseigner, tous deux capables de donner deî’ombrage à leur chef ; & à Lu ther lui - même.

En effet celui-ci ne tarda pas à s’opposer aux progrès de Fanabaptistne.Muntzer de son côté publia, que Luther n’étoit pas moins ennemi de Dieu,

que

(1) Guichardin. (r) Oltius, ad ann. 1521. (3) Meshmtu, p. 5.