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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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D’A L.L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XI. 393

que le Pape, & qu’il avoit reçu duCiel un plein pouvoir pour confondre i’un& l’aucre. Ces deux Docteurs eurent à Wictembtrg une encre vue, où ils trai-tèrent d’arguments, avec autant de gravité, que deux Souverains traitent desgrands intérêts de l’Univers: mais ils quittèrent bientôt ce ton majestueux, &se séparèrent en vomiílànt l’un contre l’autre les plus grossières invectives (1).Luther qui avoit plus d’afcendant fur l'esprit du Duc de Saxe, obtint de luiun édit de proscription contre Scorch , Muntzer, Melanchton & leurs parti-sans. Zwick.w devint le centre & le foyer de leurs Dogmes: c’étoit de laque 8 tore h & Muntzer, se répandoienc dans les villages & dans les bourga-des pour étendre l’empire de leurs opinions ; Muntzer fur - tout s’accommo-doit beaucoup mieux de la respectueuse crédulité des paysans, que du ton rai-sonneur des habitants de la ville: d’ailleurs, tandis qu’il déclamoic contre lesmœurs de Luther, il séduisit une jeune fille & la déshonora ; cette avanturel’avoit un peu décrédité, il alla à d’autres endroits où cette anecdote étoic igno-rée : là il déclama d’un ton prophétique. „ Dieu lui parloit toutes les nuits ;,, il lui ordonnoit de soulever les peuples contre les magistrats, de rendre„ aux hommes leur égalité primitive, de mettre tous les biens de la terre en„ commun, le chargeant de faire le partage, comme il jugerait à propos”.Muntzer débitoit sérieusement toutes ces sottises; & on les éccutoit de même.Les révélations devinrent bientôt à la mode (2) : des artisans, des valetsavoient des conférences avec l’Etre suprême : les paysans même se mirt nt dela partie : mais plus favorisés que Muntzer , ce n’étoit point au milieu desténèbres que Dieu les visitoit ; c’étoit en plein jour. Cette maladie aussi ra-pide dans ses progrès, & qui fut depuis aussi meurtrière dans ses effets que lapeste, s’étoit étendue jusques vers les Pays-bas; un de ces prophètes & des plusrévérés étoit un Cordonnier d’un village près de Groningue. II se ttnoit cou-ché sur un lit: c’étoit le trépied de l’oracle: un tonneau de bierre étoic leDieu qui l’inspiroic : dans se n yvrestè il s’écrioit „tuez, tutztous ces Moines,

„ exterminez cous ceux qui se mêlent de gouverner”; un autre fou, nomméCorneille, vint lui avouer en confidence qu’il étoic fils de Dieu : le Prophètelui présenta un verre de bierre, „ buvez, dit-il, & que le Saint Esprit vous;, remplisse”; une troupe de paysans s’étoit raíTèmblée dans la Cabanne:Co neille plein de l’esprit qu’il vient de boire 8'écrie tout haut ,, qu’il est fils„ de Dieu & il en prend ù témoin sa mere & lui demai.de” fi elle n’est pas„ réellement meredeDieu?” soit crainte, soit stupidité, la bonne femme répondqu’oui: on ne pouvoit récuser un pareil témoignagne, & fur le champ Cor-neille est adoré. Ou de voie fans - doute enfermer & le soi- disant Dieu & Je^adorateurs dans un hôpital de foux. Mais comment faire? il eut fallu cons-truire des hôpitaux aussi grands que des villes, & occuper une moitié de l’Al-lemagne k les garder.

Cependant Luther aussi ardent à susciter des ennemis à Muntzer, qu’à sefaire à lui-même des partisans, s’efforçoit d’indisposer le Sénat de Mulhau-sen contre lui. Quoique Muntzer n’ignorat point les menées de son rival ilentra dans Mulhauscn même, & eut l’audace d’y prêcher. Le Sénat le citapour rendre compte de fa conduite, & lui défendit de prêcher fur certains

<>) Slddan. O'.lìus. (2) fíist, dss Anthaptifies.

Tome XL. Ddd

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1519-155*

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