3ect. XI.Hist. d’Al-Iemagne,«519 1553.
Munzerchange Itgouverne-ment deMulhouse».
Demandesdes Ana-leptijlcs.
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dogmes. II falioit, ou être en délire (1), ou avoir une connoiflànce pro-fonde du cœur humain, pour entreprendre ce que Muntzer ola exécuter,
II mit les femmes dans ses intérêts, &, par leurs intrigues, fit déposer &bannir les magistrats, & en fit élire d’autres dévoués à ses opinions: disonsmieux: il devint lui-même Magistrat, ou plutôt Roi. Après avoir fait dé-molir les églises, renverser les autels, évacuer les monastères, il fit mettreles biens des riches en commun ; le nouveau Licurgue assigna à chacun faportion, & n’oublia pas la sienne : la populace ceílà ses travaux, & vécutdans une douce fainéantise aux dépens de la république. Un fi grand dés-ordre, ne pouvoit durer longtemps: un Moine apostat, nommé Pfiffer, osaparler en maître, & fut obéi. 11 alloit soulever le peuple contre Muntzer ;celui - ci fut contraint de céder, d’admettre son ennemi pour collègue, &de reconnoître l’authenticité de sa mission fondée sur des songes, dont cemoine amufoit le peuple. Bientôt Pfiffer devint Général d’armée : si sestroupes n’étoient redoutables ni par leur discipline , ni par les talentsdu Général, elles l’étoient au moins par leur nombre & par leur fureur. LaSuabe & la Franconie s’étoient soulevées ; du fond des entrailles de laterre, on avoit vu des misérables condamnés aux mines , accourir fous lesdrapeaux de la révolte: enfin ces ^Anabaptistes réunis firent des propositions,où il s’agissoit moins de questions théologiques, que d’objets appartenans audroit naturel: ils exigeoíent, „ qu’on leur permit de se choisir des pasteurs du„ nombre de ceux qui se bornoient au texte de l’Evangile; qu’on ne levât„ fur eux que des dixmes de froment, & qu’on les divisât en trois par-„ ties, dont la premiere seroit employée à nourrir les pasteurs, la seconde„ à payer les subsides communs, la troisième h soulager les pauvres; qu’ou„ leur permît la chasse & la pêche, puisqu’ils descendoient d'Adam, & que„ celui-ci avoit reçu de Dieu un pouvoir absolu sur les animaux, dont tour„ les hommes avoient hérité; que les forêts fussent communes, & qu’ils puf-,, sent y prendre tout le bois nécessaire à leurs besoins; qu’on allégeât le„ fardeau des corvées ; qu’íl leur fût permis d’avoir des fonds de terre &„ que des taux respectables leur assurassent un juste salaire pour les terres„ d’autrui qu’ils cultiveroient ; que les impositions n'excédassent point le re-„ venu des fonds; que les amendes pécuniaires fussent réglées par l’équité„ & non par la haine ou l’avarice ; que la noblesse restituât les pâturages„ communs qu’elle avoit usurpés; qu’on abolît la coutume de payer auxseigneurs des tributs onéreux après la mort d’un pere de famille, repré-„ sentant qu’une veuve & un orphelin étoient assez malheureux en perdant^ leur appui.” La plupart de ces propositions étoient justes, & ce vil ramasde paysans proposoit ce qu’un sage Législateur auroit du faire : c’étoit alorsqu’on pouvoit reconnoître les suites fâcheuses du Gouvernement féodal, leseffets dangereux de la servitude, aussi funeste au seigneur qu’au serf: ce futalors qu’il fallut convenir, que l’intérêt de la Religion en devient plus terri-ble, lorsqu’il se joint à un intérêt personnel fondé sur la justice.
Luther & Mélanchton condamnèrent une révolte dont - ils n’étoient pointles chefs: on en vitparoître un nouveau: c’étoit Metzler (2). Ce fut fous
(r.) Gmdaliui L, 3,
(2) S-eidan, L. 4.