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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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Skct.XI.Hijl. d’Al-lemagne,

I5-S-I553-

Drcret tt-jeté par UsL'íihtiklis.

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4 oa HISTOIRE DE L’E M P I R E

„ pouvoir d’y contraindre le Peuple, j usqu’à la tenue du Concile que l’Em-„ pereur faisoit espérer de convoquer bientôt :qu’à l’égard de ceux qui avoient,, changé de doctrine, & qui ne pouvoient l’abandonner sans craindre de fé-„ dition, ils s’en tiendroient à ce qui auroit été fait, fans rien innover d'a-„ vantage : que la messe ne seroit pas abolie, & que, dans les lieux où la„ nouvelle doctrine auroit été nçue on n’empêcheroit point de l’y célébrer ;

„ mais que l’Anabaptifme seroit défendu fous peine de la vie, suivant l’E-„ dit de l’Empereur, qu’ils avoient ratifié; qu'à l’égard des prédications &

,, de l’impreffion des livres, on,observerait les décréts des dernieres diètes de„ Nuremberg, c’est-à-dire, que les prédicateurs feroient circonspects, &

„ fe garderoient d’ofíenscr personne par leurs discours, & de donner lieu au„ peuple de se soulever contre lc-s Magistrats: qu’ils s'abstiendraient de pro-„ poser des dogmes nouveaux, ou qui fuflent peu fondés fur l’Ecriture ;

„ mais qu’ils prêcheraient l’Evangile selon l’interprétation approuvée par„ l’Eglìse, sans toucher aux choses qui étoient en dispute , jufqu’à la dé-„ terminaison du Concile, où tout seroit légitimement décidé.”

Les Princes Luthériens rejetèrent ce decret ; ils demandaient une libertéentiere de conscience jusqu’à la tenue du Concile; ils représentaient, que lacour de Rome s’étoit jouée de la Majesté del’Émpire, qu’elle n’avoit ré-pondu à aucun des cent griefs d’une maniéré satisfaisante, que permettre laméfié c’étoit rallumer le flambeau de la discorde, & qu’enfin ce decret équi-voque, interprété à l’avantage des deux partis seroit la source de mille maux.Les députés de quatorse villes Impériales protestèrent aussi contre ce decret,

& firent publier leur protestations: & de-là vint le nom de Protefìans, queles Calvinistes de France ont depuis partagé avec eux. Tandis qu’on agitaitdes questions idéologiques, tandis qu’on publiait des décréts & protestationsinutiles, Soìiman courait de conquêtes en conquêtes dans la Hongrie, en-trait vainqueur dans Bude & s’avançoit vers les frontières de l’Autriche..Ferdinand sentie alors quelle faute il avoit commise en s’occupam des que-relles de Religion, avant de proposer à la diete la guerre contre les Turcs:c’étoit par là qu’il fallait commencer; cette question eut été plutôt décidéeque ì’autre; car il est plus aisé de rapprocher les sentiments divisés des Prin-ces & des Ministres fur le plan d’une campagne, que de réunir des Doc-teurs acharnés à argumenter les uns contre les autres; enfin Ferdinand, pourterminer ces différens, ordonna à chacun de vivre comme il voudrait, &de croire ce qu’il lui plairait, j usqu’à la convocation du Concile: les Pro-testons s’en retournèrent satisfaits de cette liberté de conscience, dont ils[í étoient moins redevables au Roi de Hongrie , qu’aux rapides progrès de’ e Solitnan ; il étoit déja devant Vienne ; mais les Bourgeois unis à une garni-son nombreuse & commandée par le Comte Palatin le forcerent à se reti-rer: il alla dans Bude couronner Jean de Zapola qui fe reconnut Vassal dela Porte, & se donna un maître croyant le redevenir lui même.

Cependant l’Empereur touché des périls de son frere & plus encore deceux qui menaçaient ses propres Etats, avoit passé d’Espagne en Italie, pourrentrer en Allemagne. Les Princes Protestants n’attendirent pas son retour,,pour le prévenir contre les démarches de leurs adversaires; ils lui envoye-ïent des députés à Plaisance, qui lui demanderent la liberté de conscience,,