4 oG HISTOIRE DE L’E M P I R E
SitcT. x:. û!ss par leur industrie. Ferdinand ferma les yeux fur leurs vertus & ne vîtllìit. d’AI- que leurs opinions, il ordonna au Maréchal de Moravie de les chasser: cetleimgne, ordre ne fut que trop fidèlement exécuté. Hutter fut puni du dernier suppli-iji9_i55S- ce; ses disciples plus malheureux encore ne trouvèrent point d’asile dans l’Al-' lemagne; les Princes Catholiques & Protestans leur défendirent l’entrée de
leurs états; traitement atroce, dont leur vertu auroit du les affranchir, quandbien même leur erreur l’auroit mérité.
Ces proscriptions avoient dépeuplé la Moravie ; elles avoient même indi-gné la plupart des Catholiques, habitans de la Hongrie & de la Bohême:Soliman vouloit profiter d’une occasion si favorable & rentrer à main arméedans ces états. L’Empereur n’ignoroit point ses desseins & ses préparatifs: ilen écoit allarmé, & les Protestans, pour redoubler fou inquiétude, déclaraienthautement, qu’ils ne contribueroient point à la guerre contre les Turcs, sion ne leur accordoit tout ce qu’ils demandoient (i). Ou leur fit des offres ;ou leur laiffoit la liberté de persister dans leurs opinions jusqu’au Concile ,pourvu qu’ils n’en ajoutassent point de nouvelles, que leurs ministres ne prê-chassent point au-delà de leur juridiction, & que la ligue rendit hommage auRoi des Romains; ce dernier article fut rejeté avec hauteur; ils exigeoientNouvelle que Ferdinand renonçât à ce titre qui lui assurait la couronne Impériale, queréclamation fi l’Empereur avoir besoin d’un coadjuteur, il fût élu dans une diete libre &tam comre générale; qu’ensin par un édit irrévocable, il fut réglé qu’à l’avenir on n’éli-l'èu&ion du roit aucun Roi des Romains du vivant de l’Empereur ; ils ajouraient „ ( 2 ) queM des Ro- „ l’Empereur à les Electeurs régleraient les conditions & conviendraientmains, des articles qui feraient observés à l’avenir dans sélection d’un Roi des
„ Romains : que fa Majesté Impériale ferait incessamment publier une • paix,, au sujet des disputes de Religion: que, fans égard aux décréts ni aux édits„ faits dans les dictes de Worms & d’Augsbourg, il ferait fait défenses très-„ expresses à ceux des deux partis de s’inquiéter les uns les autres, & de fe„ maltraiter fous prétexte de Religion: que les Protestans ne feraient aucune,, innovation, & ne publieraient aucun écrit de leur confession , que celui„ qui avoit été présenté à la diete d’Augsbourg: qu’ils n’attireroient à eux„ ni ne prendraient fous leur protection les sujets d’autres Princes, & qu’ils„ n'entretiendraient aucune correspondance avec les étrangers, excepté pour„ le commerce ; qu’on n’empêcheroit point les Ecclésiastiques d’exercer„ leur jurifdiction dans les lieux où ils étoient établis, & qu’on les laisserait„ tranquilles dans l’exercice de leurs fonctions: ... que l’Empereur envoye-„ roit à la Chambre Impériale de nouveaux ordres de suspendre l’exécution„ des sentences rendues en matière de Religion & de ne rien innover fur„ cette matière fous quelque prétexte que ce fut; qu’à ces conditions, ils„ rendraient à l’Empereur toute l’obéissance qui lui étoit due, & qu’ils lui„ donneraient, pour soutenir la guerre contre le Turc, toute l’affistance que„ demandoient les conjonctures actuelles, & que leurs forces proportionnées„ à leur zele pourraient permettre”. L’Archevêque de Mayence fit à cesdemandes une réponse équivoque, qui lui attira de la part des Protestans une
ré-
(:) Seckeniotfs, Hijì, Luth.
(2) Hist. d’M.^du P. Barre.