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HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect. XI.
Hist. d’Al-
lem 3 gne,
I5I9-IS58.
se déclara tuteur de ]’un, protecteur de l’autre, pour les dépouiller tousdeux. Ferdinand pour recouvrer la Hongrie offrit d'en faire hommage auSultan & de lui payer tribut. Cette démarche étoit ignominieuse, quandbien même elle auroit réussi: elle le fut bien plus par la maniéré dont l’or-gueilleux Soliman y répondit, il déclara qu’il n’accorderoit la paix au Roides Romains, qu'à condition qu’il renonceroit pour jamais à la Hongrie,& qu’il lui feroit hommage de l’Autriche. Le Sultan avoit plus de fran-chise que les autres Rois qui colorent leurs usurpations par de beaux pré-textes, qui, dans des manifestes remplis d’érudition accumulent des menson-ges historiques pour légitimer d’injustes prétentions, allèguent à chaquepage l’intérêt des peuples & celui du ciel : il avouoit de bonne - foi qu’il neconnoiffoit d’autre raison que sa volonté, d’autre droit que celui du plusfort, qu’il perdroit légitimement ce qu’il ne pouvoit conserver par la for-ce, demême qu’il possédoit avec justice ce qu’il avoit acquis par elle: tel é*toit son code, qui fut celui de presque tous les Princes, qui fçurent mieuxle déguiser.
Le règlement de Charles établit en effet une paix profonde entre les Pro-testons & les Catholiques; mais elle fut de peu de durée: la mort de Phi-lippe Palatin, Evêque de Naumbourg ralluma les anciennes querelles: cetteville est située dans la Mifnie : l’Electeur de Saxe prétendit avoir le droit denommer le successeur du Prélat: les Chanoines le prévinrent, ils élurent Ju-les Plug. Ce Théologien avoit défendu la Religion catholique dans la dietejesd/la" Ratisbonne ; c’en étoit assés pour que l’Electeur n’approuva point un pareilchoix; il chaslà Plug de fes Etats, & donna l’Evêché à Nicolas Amsfort ,protestant aussi emporté que l’autre étoit zélé Catholique. Luther quijouoit dans son parti le rôle de Souverain Pontife, applaudit à ce choix, 6cinstalla le nouvel Evêque: Celui-ci pour fe montrer digne du rang auquelon venoit de l'élever, persécuta les Catholiques , & propagea Je Luthéra-nisme par la force. Herman de Werden, Evêque de Cologne voulut suivrecet exemple. II appella Bucer & Mélanchton, & leur permit de prêcherle Luthéranisme : mais le Chapitre 6c l’Université, secondés par l’autoritéde l’Empereur, & par le zele du Peuple, bannirent ces Docteurs. Charlesmenaça même I’Evêque d§ le mettre au ban de l’Empire s’il osoit à l’avenirinviter, par quelques moyens que ce pût être, fes diocésains à abandonnerla foi Catholique.
On convoqua une nouvelle diete à Spire où on vit paroître un Envoyé deFrançois I qui venoit, difoit- il, pour justifier aux yeux des Princes de i’Em-çtis J y en- pj re j a conduite de son maître, & les inviter à la concorde. On ne put re-Esser de l’entendre ( 1 ), & il parla avec force, mais son discours ne persuada,deur, pont ni les partisans de Charles V, ni ceux qui étoient sécretement ses ennemis:détruiti des G n sçavoic que François I étoit intéressé à animer les Turcs contre l’Etnpe-ì’étoienlè r£Ur ’ ^ rallumer la guerre de Hongrie, afin que Charles occupé contre Soli-pandus dt man ne pût défendre fes Etats d’Italie. On fçavoit qu’il avoit engagé la Ré-Jon aiëance publique de Venise h rompre Pallìance qu’elle avoit faite avec l’Empire, &*Tur C l / S ^ ans conseil qu’il donnoit aux Princes, d’attendre l’époque de leur réunion
1542.,
ConUstadonentre leChapitre deNaumbourgI ’£ lec-teur deSajetnominationd'un Evê-iue.
Diete d*Spire: Fraft
(1) Skidatu L 14. Hortens. I. 1.