D’A LLEMAGNE. Liv. XXV. Sect. XI. 423
pour commencer la guerre contre les infidelles, on ne vit que Je projet de fp t qlaiflèr aux Turcs le tems de s’assurer de la soumission des Hongrois, & de fe leaisgue, 'fortifier dans leurs conquêtes. L’Ambaflâdeur François fe retira fort mécon- *5^-*5s8.tent de son peu de succès, quoiqu'il eut dû le prévoir.
Un autre obstacle suspendait les préparatifs de guerre contre les Turcs (t).
Le Duc de Brunswick, persécuteur implacable des Luthériens, ravageait lesterres des habitans de Goslar, excitait tous les Catholiques du pays à prendreles armes contr’eux, & ne refpectoit dans fa furie, ni le droit des gens, nile dernier traité: les Protestans déclarèrent, qu’ils n’accorderoient à Ferdi-nand aucun secours contre les Turcs, s’il n’arrêtoit la persécution, dont leDuc de Brunswick étoit fauteur, les pays Catholiques l'instrument, & leshabitans de Goslar les victimes: on lui ordonna de cesser ses brigandages : ilmépriík cet ordre, & bientôt la ville de Goslar n’offrit qu’un Hrectacle dedésolation. Les décréts de la diete étant inutiles, PElecteurjde Saxe & leLandgrave de Heslè eurent recours à des moyens plus efficaces; ilsJeverenrune armée, s’emparerent de Brunswick, coururent de conquêtes en conque- DuM dttes, & investirent le Duc Henri dans Wolffenbuttel, la plus forte de ses pla- Brumuick.ces: H se croyait en fureté dans cet asile, la garnison écoit nombreuse & a-guerrie, le peuple étoit Catholique & adoroit un Prince qui pensait commelui, mais l'artillerie des Princes eut bientôt fait écrouler les murs; le DucHenri, & Victor son fils se précipitèrent dans le fossié, le traverserent à lanage, s’enfuirent à la faveur des rénebres, & se retirerent près du Duc deBavière: la garnison abandonna bientôt le parti d’un Prince qui n’avoit paslui-même le courage de fe défendre; ils livrerent aux confédérés les effetsles plus précieux de leur Duc, jurèrent de ne plus servir fous ses drapeaux,
& retournèrent, chacun dans leur patrie : la nobleslè ne fut pas plus fidelleì son Prince fugitif ; elle avoit trop gémi fous fa tyrannie, pour s’exposerd une perte inévitable, en défendant la cause d’un tel maître. Les Princesconfédérés rétablirent le Sénat de Goslar, & rendirent aux Magistrats dansles autres villes leurs dignités & leur pouvoir: on s’apperçut bientôt que cechangement étoit moins l'effet de leur justice, que celui de l’avidité; ils re-présentèrent aux Magistrats, qu’il falloit rétablir les fortifications des villespour ôter au tyran toute espérance d'y rentrer, que le peuple épuisé ne pou«-****»voie suffire à cette dépense, qu’il étoit juste qu’elle se fît aux dépens du cler-gé Catholique, qui seul avoit vu ses biens respectés dans cette guerre; on ap-prouva ces propositions, & les Princes leverent de fortes contributions furí’Eglise, en emporterent le produit & remirent à d’autres tems le rétablisse-ment des fortifications.
Ce n’étoit pas aises d’avoir forcé le Duc de Brunswick à prendre la fuite, 1543;
fa dépoffi ffion n’étoit point légale, si elle n’étoit ratifiée par la diete assem-blée à Nuremberg: la maison de Bavière s’cfforçoit d'entraîner les espritsdans le parti de ce Prince, diffimuloit ses crimes, & ne parloir que de sesmalheurs: c< pendant la diete ne prononça rien de décisif fur son fort; ellelai fia de même impuni fourrage que les armes Impériales avoient reçu du Ducde Cleves ; ce Prince en attendant que l’on terminât ses diffétens avec i’Em-
( 1 ) Honkdet L 4 .