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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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TTifl. d’ANlemagne,IZIS IZ5S.

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Fermeté deCharles Venvers lePape ,

D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sec t. XI. 4-5

Charles, à qui François I donnoit de nouvelles inquiétudes, se ligua avecle Roi d’Angleterre contre la France. La cour de Rome, qui prétendoitencore avoir, sur les Rois, l’erapire qu’un précepteur exerce sur ses éle-vés , trouvoit mauvais, qu’on fit la guerre ou la paix fans fa permission ; lePape ètoit indigné de voir l’Empereur fe liguer avec un Roi qui avoit secouéle joug de Rome; mais Charles-Quint étoic un éleve indocile, qui avoitplus d’une fois châtié son maître, qui ne souffrait point le ton de la menace,

& qui pardonnoit à peine celui du reproche: iî répondit aux plaintes dusaint Pere d’un ton ferme, comme tous les Rois auroient dû, dans tous lestems, répondre aux Papes. „ Je me fuis ligué avec un Roi chrétien: car„ il n’a pas cessé de l’être en cessant de reconnoîcre votre jurifdiction : vous„ regardez cette alliance comme un facrilege; cependant, lorsque les Pro-„ testans sont venus fe ranger fous mes drapeaux pour défendre la chrétienté,

„ vous ne m’avez pas fait un crime d’avoir accepté leurs services. Les Pro-„ testans d’Angleterre font-ils plus hérétiques, plus ennemis de Dieu que„ ceux d’Allemagne? ce n’est pas tout: François I, mon ennemi a traité„ avec Soliman, ennemi de l’Evangile,ennemi de tous les Princes chrétiens,

„ & votre ennemi particulier; vous ne Pavez pas ignoré, & vous avez gar-„ dé le silence ; mais les motifs de votre conduite font aisés à saisir, Fran-„ çois I, a fçu engager les Turcs à respecter vos possessions en Afrique, &

„ dès lors vous n’avez vu rien que de légitime dans son alliance avec les en-nemis du nom chrétien ; vous ne pouvés dissimuler Pintelligence de vosCardinaux avec les Turcs, & toute la terre est informée que lorsque votrecapitale fut frappée de terreur, au bruit de leur descente à Ostie, le Car-„ dinal Cafpy, rassura le peuple épouvanté , en lui disant, qu’il avoit du„ crédit parmi ces infidèles, & qu’ils n’étoient pas si ennemis du Saint Siégé,

„ qu’on le penfoit”. II n’y avoit rien à répondre h de pareilles raisons; aussile Pape fe tut, & souffrit des traités qu’il ne pouvoit rompre.

Charles venoit de reparoître en Allemagne, & se préparoit à se venger duDuc de Cleves; déjà 45000 hommes, dont il y en avoit 7700 de cavalerie ,s’étoient rangés sous ses drapeaux,y compris le secours que le Prince d’Orangelui avoit amené desPays-bas,de 14000 hommes, dont 4000 à cheval: les Elec-teurs n’avoient point voulu contribuer à la perte d’un Prince, dont ils avoientsollicité la grâce, & dont tout le crime étoit de ne vouloir pas être opprimé.L’Empereur entra en personne dans le Duché dejuliers; & investit Duren : cetteville située fur le Roër, étoit bien fortifiée,les magasins regorgement de muni-tions de toute efpece; (1) un officier qui unissait l’expérience à la bravoure,commandoit une garnison assz nombreuse pour défendre la ville, & non pourPassa mer. L’Empereur fit offrir au Gouverneur une capitulation honorable. Siere de„ Cette.proposition m’afflige, dit ce brave homme, car elle me prouve que Duren.„ l’Empereur n’a jamais entendu parler de moi; il ne me l’auroit pas faite,

„ s’il m’avoit connu; mais il va me connoître, & j’efpere qu’il conviendra,

„ qu’il m’a mal jugé, en me parlant de capitulation”. Cette siere réponsene fut point démentie par fa conduite: il vit, fans s’émouvcir, les murailless’écrouler sous les coups redoublés de l’artillerie ; il se présenta le premier

(1) Schlichtenhtrst - Chron. île Gueldr, b, 12.

Terne XL. II h h