D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XI. 4,9
article, qu’au reste le Gouvernement ne pouvoit s’oppoferà Pardeur martiale,& au zele généreux qui poussoir la jeunesse à s’enroller fous les enseignesFranç< *i(ês, qu’ainsi PEmpire ne pouvoit attendre des Suisses que leur média-tion, fi on vouloir en venir à un accommodement avec François I: ce n’é-toic pas là Pintention de la diete, Charles avoir inspiré à tous les Princes as-semblés la haine qui l’animoit contre le Monarque François.
Avant de congédier la diete PEmpereur donna Pinvcstiture de la Grande-Maitrife de l'ordre de Prusse à Wolfang Melking: l’Ambaíladeur de Pologneprotesta contre cet Acte; il prétendoit qu’après h mort d’Albert de Brande-bourg , la Prusse entiere devoir revenir à la Pologne, comme fief de cetteCouronne. On remit les Etats du Duc de Brunswick en séquestre entre lesmains de PEmpereur, jufqu’à ce que fes querelles avec les Princes Protestansfussent terminées à Pamiable. On suspendit de nouveau lexécution des Editsde Worms & d’Augsbourg, & l’on confirma les réglemens qui autorifoientla liberté de conscience jufqu’à la tenue du Concile. Les Catholiques mur-murèrent ; le Nonce du Pape protesta contre le decret ; mais Charles le fitpublier: Paul III en fut irrité; il écrivit à PEmpereur une lettre dictée parle ressentiment, où, à travers le zele pour la fòi on distinguoit aisément lesouvenir amer de fes procédés envers la maison Farnèfe. DavidŒdatius, Ca-mérier du Pape, remit ce bref à PEmpereur: il l’accompagna de reproches au-dacieux fur la tolérance de ce Prince envers les Protestans. „ Le Pape est„ bien heureux, répondit froidement PEmpereur, que les Princes de la li-„ gue de Smalkalde, ne m’ayent pas proposé de me faire Protestant; car,
„ s’ils me Pavoient proposé, je ne fçais pas ce que j’aurois fait”. Cette ré-ponse rapportée à Rome accrut la mauvaise idée qu'on avoir des femimens deCharles touchant la Religion; & l’on regarda la victoire des François à Cé-rifolles non comme Pester de leur courage , mais comme un juste châtiment,dont le Ciel punissoit Papathie & la mollesse de PEmpereur.
, Charles sentit bientôt la nécessité de ne plus confier à des Généraux la for-tune de fes armes; il entra lui - même en France à la tête d’une armée, pritLuxembourg, & assiéga Saine Dizier. Ce fut devant cette place , que lePrince d’Orange perdit h vie; il écoit fils unique, & n'avoir point encoredisposé de fa main (1). II laissoit de grands biens, qui suivant le droit na-turel dévoient être partagés. Guillaume de Naílàu son cousin germain avoirdes droits incontestables fur ceux qu”il tenoit de fa mere; & les biens mater-nels qui écoient ceux de la maison de Châlons dévoient passer dans celle deLonguevilie: mais cette famille étoic Françoise, & c’étoit aux yeux de Char-les-quint un crime, qui l’excluoit die toute hérédité. Saint Dizier fe rendit,PEmpereur poursuivit fes conquêtes ; & termina la guerre par le traité deCrespi, où l’on ne st > tua que fur les; affaires d’Icalie. II ne restoit plus qu’àréconcilier PEmperenr avec le Pape ; le Nonce y parvint; le Concile étoitenfin indiqué à Trente; & déjà les Légats du Pape s’y étoient rendus: cetteconvocation avoir été notifiée aux P rinces Protestans, & PEmpereur les avoirinvités à y envoyer leurs Ministres; il y envoya lui - même fes Ambassadeurs,
& le Roi des Romains suivit cet exemple: en même temps oa assembla une
(j) Sag ; t. succès. Princ. AraUS.
Hist. rl’AI-lemaiinc.-,151- >553.
Méconten-tement duPope.
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