43* HISTOIRE DE L’E M P I R E
Sect xi. Autorité du Pape; & reçut dans ses états la confession d’Augsbourg; pen-fiifl. d’Al- dant que ce Prince abandonnoit la Religion qu’il avoit si longtems défendue ;lemagne, on difputoit à Ratisbonne, où toute la prudence des modérateurs échouoit1519-1558 . contre l’animosité des deux partis. La diete succéda à ces conférences ;l mais avant qu’elle s’ouvrit les Princes Protestans s’assemblerent à Francfortfur le Mein; là on résolut de resserrer de nouveau P Alliance de Smalkalde,& on fe promît mutuellement des secours d’hommes & d’argent, si elle étoitattaquée. Cette prévoyance étoit sage: le Pape excitoit l’Empereur à décla-rer la guerre aux Protestans ; le Monarque Autrichien n'avoit pas besoin qu’onranimât contre eux ; la tolérance qu’il leur avoit accordée n’étoit qu’une loidictée par la nécessité, qu’il fe propofoit de révoquer, dès que les circonstan-ces le permettroient: le souvenir des outrages qu’il en avoit reçus, n’c-n étoitpas moins profondément gravé dans son ame ; il n’avoit pas oublié le refusqu’ils avoient fait de reconnoître Ferdinand pour Roi des Romains, les in-quiétudes qu’ils avoient donné à toute l’Allemagne fur le projet de rendre lacouronne Impériale héréditaire, enfin toutes les tracasseries qu’ils lui fufcitoientdans les dictes, où le reste de l’Empìre docile .& tremblant devant lui, atten-doit pour voter que l’Empereur eût dit de quel côté dévoient fe tourner lessuffrages. Ce Prince avoit secrètement ordonné au Président de la ChambreImpériale de favoriser les Catholiques au préjudice des Luthériens ; maisavant de fe déclarer ouvertement contre ces derniers, il falloic être tranquilleInquiétudes àé de la Turquie. On conclut une trêve avec Soliman; l’Empereur fitdJ Luiht- alors des préparatifs dans les Pays-bas & dans l’Italie, les Luthériens écoien t
rient. yop clair voyans pour ne pas appercevoir le but de cet armement. Le Land-
grave de Hesse fit part à Granvelle des allarmes de la Ligue: Ce Ministre1 ’assura que l’Empereur étoit mieux disposé en faveur des Luthériens que ja-mais , que ces préparatifs n’étoient destinés qu’à la défense de ses états héré-ditaires, & que, par le peu de fuite qu’il devoit amener à la diete, on juge-roit & de la confiance qu’il avoit en eux, & de celle qu’ils dévoient avoiren lui. Le Landgrave crut tout ce que le ministre voulut lui persuader;Navius, envoyé par l’Empereur pour, dissiper les soupçons des Luthériens,trouva le Landgrave très - crédule , & les autres très - défians. Philippe nebalança point à aller trouver l’Empereur, muni d’un sauf-conduit de cePrince : cet exemple encouragea l’Electeur Palatin ; & Guillaume Mazbach,envoyé du Duc de Wirtemberg. Le Landgrave justifia rassemblée de Franc-fort , soutint qu’il ne s’y étoit rien passé de contraire à la tranquillité de l’Em-pire: il ajouta que, quant au Concile de Trente, ils ne pou voient s’y sou-mettre, parce qu’il n’étoit ni libre, ni impartial; que des exemples récensapprenoient aux Luthériens à fe défier des Catholiques Italiens, que tout pa-roissoit permis à la cour de Rome, lorfqu’elle croyoit venger la Religion,qu’on avoit vu tout récemment un Avocat accourir de Rome pour égorgerson frere qui étoit Protestant, & que, si la vie .des Réformés n’étoit pas enfureté en Allemagne, elle feroit encore plus exposée en Italie. L’Empereurrépondit vaguement & de maniéré à laisser aux Protestans toutes leurs crain-tes fur les dangers que leurs repréfentans & leurs docteurs pouvoient cou-rir en Italie.
Char-